
Xavier Morales expose ici, en termes littéraires et essentiellement dramatiques, sa vision du Samedi Saint, comme un exil sans retour entrevu. Cette passion, distance que subit l'exilé malgré lui, est mise en parallèle avec la vieillesse, elle aussi montrée comme un chemin douloureux qui conduit de l'activité a la passivité. Le vide laissé par la séparation peut alors devenir un lieu pour la Rencontre, quand l'homme comprend qu'il est cet exilé; Dieu se fait entendre comme souffle et Parole, au coeur même du silence.
Etre du monde sans être dans monde
La lecture de Pascal nous permet de comprendre que le langage propre aux miracles est d'un autre ordre que celui de notre raison. Pour pénétrer le sens de cette « parole surnaturelle » il faut le mettre en relation avec l'ordre de la grâce ; comme l'écrit Pascal, il y a « deux fondements l'un intérieur et l'autre extérieur ; la grâce et les miracles. » (Pensée 805). Le miracle doit donc être ce qui ouvre un brèche dans la citadelle de la raison pour manifester la gratuité incompréhensible de l'amour surabondant de Dieu.
De l'engagement dans la philosophie (Maritain)
Humanisme integral (1936), au dela de sa réflexion, lointaine pour nous, sur une "nouvelle chrétienté",développe une théorie de l'idéal et une analyse des structures de l'action des plus actuelles. En jeu, le tragique de l'action humaine et la possibilité d'un agir raisonné, concerté et chrétien dans une Histoire que de lourds déterminismes rendent desespérante, qu'un peu de liberté rend mystérieuse. Agir "en tant que chrétiens", suivant un idéal historique concret chrétien, c'est assumer l'idée que la conception neutraliste de la société est une erreur. Conscients qu'une politique d'ordre moral ne saurait être qu'antichrétienne, les chrétiens engagés ont quelque chose à dire sur la société contemporaine. Il est de toute nécessité qu'ils donnent au monde certains repères concernant l'ordre spirituel, et ce par des voies institutionnelles ou non.
Deux positions concernant l'enfer risquent de bloquer toute réflexion à son sujet: l'affirmation de son caractère fictif et la certitude de son caractère réel. Penser la possibilité de l'enfer requiert de l'envisager comme un mystère négatif qui, s'il ne rélève pas de la logique de l'Amour, puisqu'il en constitue la négation, ne se trouve pourtant pas abandonné à son état d'isolement et de désespoir. La dynamique trinitaire, dont la Vérité se révèle radicalement le samedi saint, vient assumer le refus caractéristique de l'enfer, pour le porter vers la Lumière.
Prendre l'espérance au sérieux
La Controverse de Jourdan ou Le Sens de la Parole
La résurrection de la chair (David Gilbert, Toussaint 2003).
Le Credo enseigne la foi en la résurrection corporelle : il ne s'agit pas d'une image mais d'une espérance concrète du christianisme. Le corps, « lieu de la communion de l'âme avec Dieu », ne saurait rester poussière lors d'une résurrection qui ne serait alors que partielle, mais, à la suite du Christ ressuscité, deviendra corps glorieux dans lequel nous reposerons en Dieu. Les rites chrétiens des funérailles manifestent le respect du corps et l'attente de sa résurrection.
L'Incarnation, mystère et scandale du corps du Christ (M.-È. B., Toussaint 2003).
Le mystère central du christianisme réside dans le dogme de l'Incarnation du Verbe dans l'humanité ; l'habitude que nous avons de cette expression nous fait oublier qu'il s'agit d'un paradoxe, voire semble-t-il d'une erreur arithmétique, et même d'un scandale : le Christ vient nous rejoindre jusque dans notre finitude, ce que Claudel va jusqu'à qualifier d'effraction. Ce don de soi est totalement gratuit et à la mesure de l'amour que Dieu nous porte. La venue du Verbe créateur dans la création même la restaure, et le corps humain en acquiert une dignité surnaturelle.
Corps partagé, Corps reçu et Corps constitué dans l'Eucharistie (Lise Barucq, Toussaint 2003).
Cet article aborde simplement le mystère de l'Eucharistie, « sacrement des sacrements », par lequel le sacrifice du Christ nous est rendu présent. À travers le symbolisme matériel du pain et du vin, signes concrets pour nos sens, l'action de l'Esprit rend réellement présents le corps et le sang du Christ. Dans la communion eucharistique, l'Église elle-même participe au Corps de son Sauveur et achève l'union entre ses membres et avec Dieu.
Le péché originel, quid ? (Arnaud Basson, Cendres 2004).
Une conversation sur le péché originel : le récit génésique de la Chute est-il historique ? Si oui, comment le concilier avec les données de la science ? Si non, comment comprendre la réalité de la nature déchue de l'homme ? Quel est le rôle de Satan, comment la déchéance se transmet-elle ? Les protagonistes discutent, et le lecteur profite au passage de quelques détours théoriques par le Catéchisme, saint Augustin et saint Thomas d'Aquin.
Péché, Baptême et concupiscence (David Gilbert, Cendres 2004).
Le péché originel se traduit en l'homme par une inclination naturelle au mal appelée concupiscence, qu'il ne peut vaincre par ses propres moyens pour revenir vers Dieu. Aussi le Christ nous donne-t-il par le Baptême la grâce nécessaire pour annuler la tache du péché et redevenir purs ; la concupiscence, résultat du péché antérieur, n'en disparaît pas pour autant. Une discussion sur la pensée calviniste de la rédemption clôt cet article, mettant en évidence les divergences doctrinales avec l'Église catholique, qui proclame que l'homme, par la grâce baptismale, coopère librement à son propre salut.
Une histoire écrite à travers l'univers : le Salut dans l'oeuvre de C. S. Lewis (Sébastien Ray, Cendres 2004).
Une étude de la pensée théologique de l'écrivain anglican C. S. Lewis (1898-1963), sur le péché, la Chute, la rédemption et la vie christique, à travers ses essais apologétiques et ses ouvrages de fiction. Converti sur le tard, et doctrinalement très catholique, Lewis a l'art d'expliquer simplement à l'homme de la rue l'importance vitale de ces questions qui ne sont qu'apparemment théoriques, puisqu'elles concernent notre salut et notre vie éternelle.
De la Ville grise à la grande Danse : le Salut dans l'oeuvre de C. S. Lewis (II) (Sébastien Ray, Pentecôte 2004).
Suite de l'article précédent, l'auteur étudie cette fois les fins ultimes: l'enfer, que Lewis prend très au sérieux, et le Paradis, véritable demeure et accomplissement de l'humanité sauvée dans la pleine communion divine.
La souffrance, rédemptrice ? (Jérôme Levie, Cendres 2004)
La souffrance, l'une des réalités incompréhensibles de notre vie, est difficile à concilier avec la foi en la bonté de Dieu. L'auteur montre comment, au-delà des interrogations revendicatrices sur le sens intrinsèque de la souffrance de l'innocent, ce n'est qu'en s'associant à la souffrance de l'Innocent Lui-même que l'homme pécheur peut retrouver la Vie dont sa faute le prive, et le mener enfin vers la joie pour laquelle Dieu l'a créé.
En paix avec la création (Jérôme Levie, Pentecôte 2004)
De l'expérience de notre propre dépendance du Créateur à l'observation du monde créé laissant apercevoir son Auteur, toute la création nous mène à Dieu ; la théologie symbolique, dépassant le panthéisme et intégrant l'Incarnation du Verbe créateur dans la création même, mène, au-delà du sensible, au mystère de l'invisible. Se basant sur le Cantique des créatures de saint François, l'auteur montre comment l'homme tout entier, jusque dans ses racines matérielles, peut être pleinement tourné vers Dieu. Le respect de la nature mise au service de l'homme servant son Seigneur mène alors à une écologie bien comprise, faisant entrer l'univers même dans la vie divine à laquelle nous sommes appelés.