PROCÈS-VERBAL
DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
séance du 5 juin 2001
Étaient présents :
Membres nommés :
M. François CUZIN, Professeur à l’université de Nice, Président
M. Pierre CHEMILLIER, Ingénieur général des Ponts et Chaussées,
M. Jean-Jacques DUBY, Directeur général de l’Ecole Supérieure d’Electricité
M. Yves FARGE, Directeur de recherche du CNRS
M. Jean-Paul FITOUSSI, Président de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques
M. Jean-Noël JEANNENEY, Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris
M. Hervé LE BRAS, Directeur du laboratoire de démographie historique à l’EHESS
Membres élus :
Représentants des professeurs d’université et assimilés :
M. Alain BADIOU L
Représentants des élèves :
M. Louis PAULOT S
M. Vincent SIMONET S
Membres avec voix consultative :
- de droit : M. Gabriel RUGET, Directeur
M. Francis WOLFF, Directeur adjoint - lettres
Mme Cécile HERBULOT, Secrétaire générale
Mme Aline GRIMBERT, Agent comptable, Chef des services financiers
- invités : M. Jean-François NOIVILLE, Président de la Société des Amis de l’ENS
M. René REMOND, Président de l’Association des Anciens Elèves de l’ENS.
M. Jean-Paul DUBACQ, Directeur des études scientifiques
Étaient absents et excusés :
Membres nommés :
M. Jorge SEMPRUN, écrivain
M. Yves SAINT-GEOURS, Directeur de la Coopération scientifique, universitaire et de recherche au MAE.
Représentant du Ministre :
Représentants des I.T.A. et A.T.O.S. de catégorie C :
Représentants des autres personnels d’enseignement et de recherche :
M. Frédéric CAUPIN S
procuration donnée à M. Régis GROSPERRIN
Représentants des élèves :
M. Charles GUERIN L
Représentants des I.T.A. et A.T.O.S. de catégorie A et B :
Représentants des professeurs d’université et assimilés :
I - Approbation du compte-rendu du procès-verbal du Conseil d’administration du 22 janvier 2001
- Modifications demandées :
Les cinq demandes de correction page 2 : lire Jean-Pierre Nadal au lieu de Louis Paulot pour la première demande.
Bas de page 6, dernière ligne : la demande de précision sur les moyens médicaux de l’ENS émanait de Charles Guérin.
Les demandes de corrections de Frédéric Caupin, acceptées, sont jointes en annexe.
Le procès-verbal est approuvé à l’unanimité des membres présents et représentés, soit 14 voix pour.
Un point sur la politique des allocations couplées est rajouté à l’ordre du jour.
II – Politique des allocations couplées (documents joints en annexe)
Jean-Paul Dubacq rappelle que les allocations couplées proviennent d’une dotation du Ministère, contingentée et gérée par l’École.
Il présente des transparents qui démontrent que ces allocations sont en diminution constante depuis 1996. Jusqu’à maintenant, l’École a pu gérer les 30 % d’allocations manquantes par rapport aux demandes : allocations attribuées directement par les écoles doctorales, récupération de celles des élèves qui intègrent les grands corps de l’État, octroi de postes d’Agrégés préparateurs, etc…
La gestion des 30 % d’allocations manquantes s’effectue dans des conditions relativement satisfaisantes quantitativement mais entraîne une période d’attente désagréable pour les élèves en attente d’une solution. Cette année, la situation est plus favorable puisqu’il ne reste que trente sept débouchés à trouver contre cinquante six à la même période l’an dernier.
Il y a également une dérive, en particulier en sciences, de l’orientation des élèves normaliens vers des centres de recherche de la région parisienne. De 40 % en 1997, le nombre de normaliens qui passent une thèse en province est passé à 16,7 % cette année. Il faudrait entreprendre une politique incitative afin que les élèves se répartissent mieux entre les laboratoires de la région parisienne et ceux de province.
Francis Wolff précise qu’il est plus difficile de trouver des solutions pour les littéraires dans la mesure où, en dehors des allocations couplées, la seule perspective, en dehors de l’IUFM, est de bénéficier d’un poste de chargé de recherche documentaire (quatre par an pour les ENS). Il rappelle que c’est grâce au dévouement acharné de Monique Trédé que tous les élèves ont trouvé une solution l’an dernier.
Régis Grosperrin estime que la situation reste difficile. Il ne trouve pas normal que le Ministère diminue chaque année le nombre d’allocations couplées dans la mesure où les élèves de l’ENS souhaitent se former majoritairement à la recherche. Régis Grosperrin propose au Conseil d’administration de demander au Ministère d’allouer un nombre d’allocations couplées correspondant au nombre d’élèves qui souhaitent, annuellement, poursuivre en thèse.
Il pense que cette demande permettrait de faire remarquer que l’ENS n’accepte pas de considérer comme normale la situation actuelle.
François Cuzin rappelle que les membres du Conseil d’administration ont déjà pris position dans ce sens l’an dernier.
Louis Paulot soutient la proposition de Régis Grosperrin. Il lui semble que l’ENS a une grande responsabilité dans le devenir de ses élèves à la sortie de l’École. Il conviendrait de réaffirmer que les allocations couplées sont la voie normale pour poursuivre une formation à la recherche, ce pour quoi les élèves sont majoritairement formés.
François Cuzin propose qu’un vœu du Conseil d’administration en ce sens soit inscrit au procès-verbal et transmis au Ministère.
Yves Farge souhaiterait que l’École se compare avec d’autres établissements d’enseignement supérieur, comme le polytechnicum de Marnes la Vallée où seulement 20 % des demandes d’allocations couplées sont satisfaites. Il ne s’oppose pas à la résolution, il pense que l’École, de par la puissance intellectuelle de ses élèves et la qualité de son recrutement peut se permettre de forcer le système. Cependant, il souhaiterait que le devenir des élèves littéraires soit examiné, dans la mesure où un certain nombre sont encore étudiants à plus de trente ans ou occupent des emplois précaires et mal rémunérés.
François Cuzin propose la rédaction suivante pour le vœu au Ministère : « L’École Normale Supérieure souhaite se voir attribuer un nombre d’allocations couplées suffisant pour permettre une saine gestion, en rapport avec la qualité des élèves ».
Louis Paulot pense également que l’École a une grande responsabilité dans l’orientation de ses élèves ; les différents acteurs doivent prendre conscience de l’orientation suffisamment en amont et ne pas attendre la deuxième procédure pour découvrir qu’il y a des voies sans issue. Le choix d’une deuxième localisation pour des élèves qui ont déjà commencé une thèse lui semble superflu et devrait être réservé aux élèves qui n’ont pas encore commencé une thèse.
De plus, l’École fait actuellement appel à des experts extérieurs pour évaluer les dossiers. Il ne faudrait pas oublier la responsabilité des départements de l’École dans l’attribution des allocations couplées et revoir profondément les procédures.
En ce qui concerne la procédure de choix, la politique de l’École consiste, en tenant compte du cursus des élèves et de l’avis pris éventuellement auprès des différents tuteurs, de faire expertiser tous les dossiers à l’extérieur. C’est une procédure saine qui permet que les relations de confiance qui s’établissent avec les caïmans sur plusieurs années ne soient pas assombries par le fait que les élèves se sentent jugés par ceux là mêmes auxquels ils se confient.
Il y aurait une procédure encore plus claire qui consisterait à faire auditionner chaque élève, avec un dossier, par une commission composée de membres extérieurs.
Jean-Jacques Duby s’étonne que de jeunes et brillants normaliens ne trouvent pas de solution en dehors des allocations couplées alors qu’ils pourraient s’orienter vers les entreprises industrielles ou sur des postes à l’étranger.
Il se demande si le Conseil d’administration est vraiment le lieu pour débattre de la procédure des allocations couplées. S’il est d’accord pour qu’il soit fait appel à des experts extérieurs, il ne souhaiterait pas que la procédure adoptée conduise à une déresponsabilisation de l’encadrement de l’École face aux choix des élèves.
Yves Farge pense également que ce type de débat ne doit pas avoir lieu au Conseil d’administration. Il faudrait une structure de débat interne à l’École qui permette une présentation du champ des possibles aux élèves qui ne se limite pas uniquement à l’enseignement et à la recherche, une structure où pourrait se poser le problème du désir profond de l’élève. Une réflexion commune permettrait un éventail de choix nettement plus large.
Gabriel Ruget est persuadé qu’il faudrait ouvrir cet éventail dès la première année. Les élèves sont enclins à choisir un sujet de thèse et un laboratoire le plus vite possible pour bénéficier de la première procédure des allocations couplées. La responsabilité de l’encadrement de l’École est réelle. Le dédoublement de la fonction de Directeur de la recherche et des études avec la fonction de Directeur adjoint et de Directeur des études devrait améliorer la situation.
Dans la mesure où l’École dispose d’une certaine autonomie dans l’utilisation des allocations couplées, il pourrait être demandé aux élèves de bien réfléchir avant de se précipiter sur la carrière et le lien parisien le plus immédiat.
François Cuzin estime que la Direction de l’École entend assumer ses responsabilités et que, de ce fait, il peut être mis fin à la discussion sur ce point.
III – Présentation de Francis Wolff, Directeur adjoint
Francis Wolff, qui n’avait pu participer au précédent Conseil d’administration, se présente.
En ce qui concerne la partie biographique :
Sorti de l’ENS à une époque où les allocations couplées n’existaient pas, Francis Wolff a enseigné sept ans dans le secondaire avant de partir à l’étranger.
Francis Wolff a occupé un grand nombre de postes au cours de sa carrière, en France et à l’étranger, en particulier enseignant en khâgne, maître de conférences à l’Université de Reims et professeur à l’Université de Sao Paulo. Pendant sept ans maître de conférences au département de philosophie de l’ENS avant d’être depuis deux ans, professeur des universités et directeur d’un centre de recherches d’histoire et de philosophie ancienne à l’Université Paris X-Nanterre,
En ce qui concerne les travaux de recherche :
Francis Wolff se partage entre la philosophie générale et l’histoire de la philosophie ancienne. Ses travaux sont consacrés à différents auteurs, différents philosophes de l’Antiquité avec une étude transversale sur l’histoire des systèmes de pensée dans l’Antiquité.
Francis Wolff a une expérience de l’École des années 1970 et des années 1990 mais peu des années 1980, années au cours desquelles il a passé l’essentiel de son temps à l’étranger.
Il est nommé Directeur adjoint pour trois ans.
IV – Questions financières
4-1 Compte financier
François Cuzin donne lecture d’un message d’Hervé Bichat, membre de la commission finances qui n’a pas pu être présent à cette séance du Conseil : « Les comptes de l’exercice 2000 marquent l’aboutissement de l’évolution d’une présentation engagée il y a près de quatre ans. Tels qu’ils vont vous être proposés, ils sont enfin dignes de l’établissement prestigieux qu’est l’ENS. Je voudrais féliciter tous ceux qui ont été à la base de ces améliorations, madame la secrétaire générale, madame l’agent comptable et leurs collaboratrices. Pour que tout soit vraiment parfait, on pourrait simplement suggérer un suivi de la trésorerie qui permettrait de mesurer le fonds de roulement de l’établissement. Sur le fond, les comptes de l’exercice 2000 n’appellent pas de remarque particulière, les questions que nous avions posées avec Yves Farge ont toutes reçues une réponse satisfaisante. »
François Cuzin passe la parole à Aline Grimbert pour quelques commentaires et répondre au point précis soulevé par Hervé Bichat.
Aline Grimbert s’engage à effectuer les corrections souhaitées par la commission finances pour le prochain Conseil.
Ce compte financier est l’avant dernier du présent contrat quadriennal ; c’est au cours de cet exercice que l’École a connu le montant exact des dotations du quadriennal.
C’est aussi au cours de cet exercice que l’École a changé de Directeur, de Directeurs adjoints et de Secrétaire général.
Au cours du dernier conseil d’administration, les membres présents avaient souhaité avoir plus de précisions, c’est pourquoi ont été joints, en annexe des documents, devenus réglementaires, dans le cadre de la nouvelle instruction financière et comptable, appelée M 9-3. Ont été jointes également la liste des marchés 2000 et en cours en 2001, la liste des contrats de recherche signés en 2000 et une liste de matériels à réformer.
Les dépenses : Le fait le plus marquant, tant en recettes qu’en dépenses, est le remplacement du système de dépréciation pour ordre (284,2 MF annulés) pour les immobilisations, remplacé par des amortissements. Après avoir sorti de l’inventaire un nombre important de matériels et mis à jour l’actif, il a été relativement facile de recalculer les amortissements sur le patrimoine connu de l’École. Ce calcul n’inclut pas le patrimoine immobilier puisque nous n’avons aucune indication pour le calculer. Les amortissements entrent pour 230,9 MF dans les « dépenses ». Les vraies dépenses sont celles de fonctionnement, d’investissement et de personnel.
Les recettes : En produits exceptionnels (227,8 MF), si la somme est légèrement inférieure aux amortissements dépenses, c’est simplement parce que une partie des investissements n’ont pas été financés sur ressources propres.
Pour le fonctionnement (70 MF), les recettes sont sensiblement constantes. Les investissements (52 MF) sont par contre en augmentation mais correspondent à des opérations immobilières de mise en sécurité qui ne sont pas encore totalement réalisées.
Aline Grimbert précise qu’il y a bien des recettes d’investissement puisque l’École reçoit des subventions d’investissement dans le cadre du Contrat quadriennal.
À une question de Régis Grosperrin, Aline Grimbert répond que ce qui est fléché recettes exceptionnelles, c’est la part de la subvention d’investissement qui a été amortie. Au fur à mesure qu’un bien qui a été acquis sur des subventions d’investissement est amorti, la subvention qui a servi à l’acheter est amortie.
Yves Farge considère qu’il y a encore un peu de travail à faire dans la présentation du compte financier qui est plus actuellement l’équivalent d’un compte de résultat, peu représentatif d’une trésorerie.
Aline Grimbert rappelle que le compte financier est présenté sous une forme réglementaire qui ne correspond pas toujours à la logique finances privées évoquée par Yves Farge.
Aline Grimbert fait remarquer que les dépenses de fonctionnement ont augmenté de près de 3 %. La signature tardive du Contrat a permis, au cours de cet exercice, de satisfaire un certain nombre de besoins en attente.
Les dépenses de personnel sont en hausse de 6,3 %, en grande partie sur les contrats de recherche.
230 MF ont été consacrés aux amortissements contre 14 à 15 MF prévus en 2001.
79,5 MF ont été prévus en dépenses de fonctionnement et 68,8 MF réalisés, soit 86,5 %.
Cette différence doit être tempérée par le début de la suppression de la « journée complémentaire » qui permettait de rattacher à un exercice toutes les dépenses de cet exercice. La nouvelle M 9-3 prévoit la suppression de cette période complémentaire.
Compte tenu du budget par nature, l’évolution des dépenses de fonctionnement est la suivante : les achats ont augmenté, les services restent stationnaires, les autres services ont légèrement augmenté et les impôts sont stables. Les prestations internes ont beaucoup diminué, en raison du remplacement des facturations entre CR par des réajustements de crédits.
Les produits d’exploitation : 69,2 MF en prévision et 70,1 MF réalisés. La différence correspond à des recettes de dernière minute. Il n’y a pas de commentaire particulier à faire sur l’évolution des recettes. En ce qui concerne les produits financiers, il faut rappeler que l’École est très limitée dans ses possibilités de placement.
Exécution du budget :en fonctionnement, le déficit de 1,7 MF est en grande partie expliqué par la prise en compte, cette année de la mise en place des amortissements.
La section d’investissement est en excédent de 24 MF en raison de subventions qui n’ont pas encore été utilisées et qui correspondent à des programmes pluriannuels ou à des subventions pour des opérations immobilières avec des procédures lourdes qui retardent l’utilisation de ces subventions. L’informatisation de la bibliothèque est également une opération à long terme, en cours de réalisation. L’augmentation du fonds de roulement global est de 25 MF.
Régis Grosperrin souhaiterait comprendre pourquoi les montants des reliquats sont aussi importants.
Le fonds de roulement net global (87,7 MF) de 25 MF par rapport à l’année précédente, toujours pour les mêmes raisons.
Le prélèvement sur fonds de roulement de 47,1 MF, prévu au budget initial, devient finalement une augmentation de 25 MF.
En conclusion, Aline Grimbert rappelle que le bilan présenté est une photo à l’instant T d’un exercice budgétaire.
Yves Farge considère que la présentation est claire mais que l’intégration en une seule fois de 230 MF d’amortissements occulte un peu la lisibilité des documents. Des améliorations seront possibles en 2002. Yves Farge tient à saluer l’énorme travail qui a été réalisé depuis quelques années. Hervé Bichat et lui-même n’ont aucun état d’âme par rapport aux documents présentés.
François Cuzin soumet au vote le compte financier 2000 qui est adopté par :
12 voix pour – 2 abstentions – 0 contre.
Vincent Simonet demande si le COS-CLAS a remis un rapport d’activité afin de recevoir la subvention qui lui avait été votée et propose de réfléchir à une procédure qui permettrait aux associations de fournir, en plus de leurs comptes, un projet et un bilan annuel de leurs activités.
Aline Grimbert précise que c’est le Centre de Ressources Informatiques qui a demandé ces sorties pour des matériels obsolètes.
4-3 Amortissements
Proposition de taux et de durées (tableau joint)
Vote : Pour à l’unanimité, soit 14 voix.
4-4 Tarifs
Cécile Herbulot rappelle que les propositions émanent de la commission des finances à la quelle participent des représentants des élèves. Un certain nombre de changements de tarifs sont rendus nécessaires par le passage à l’euro. Les tarifs 2001/2002 ont été calculés pour obtenir des arrondis au centième de l’euro.
Petit déjeuner : le tarif d’internat incluait le petit déjeuner. Afin de permettre une gestion plus équitable, il est proposé de séparer le tarif chambre du tarif petit déjeuner. Le tarif du petit déjeuner est fixé à un euro, soit 6,55 francs. La gratuité éventuelle du petit déjeuner pour les agents de la logistique est à l’examen.
Loyer mensuel des chambres : 1,3 % d’augmentation, c’est à dire 1530 francs/mois moins 20 petits déjeuners, soit 1440 francs/mois la chambre.
En ce qui concerne le site de Montrouge, pour prendre en compte certaines contraintes du site, il n’y aura pas de supplément pour le petit déjeuner.
- 5 francs pour 25 cl
- 35 francs pour une bouteille de 75 cl.
Tarif Pot : Aucune augmentation des tarifs n’est prévue. Il est proposé d’appliquer le tarif élève à tous les étudiants de l’École et le tarif A des personnels aux intervenants des entreprises extérieures à l’École.
Tarifs hébergement de passage dans les chambres et studio : cf. page 2 du document
Forfait week-end Foljuif : forfait de 300 francs proposé pour trois nuits.
François Cuzin s’étonne de l’augmentation forte du tarif de nuit à Foljuif.
Cécile Herbulot répond que le tarif actuel ne permet pas un équilibre financier. Un certain nombre de prestations sont comprises dans l’hébergement, comme la fourniture des draps.
Vote sur les tarifs des repas et d’hébergement :
Les nouveaux tarifs de restauration et d’hébergement sont adoptés.
Cécile Herbulot indique ensuite que les documents concernant les marchés et les conventions ont été transmis à titre d’informations. La passation des marchés relève de procédures réglementaires. Les conventions de recherche sont signées par le Directeur par délégation des membres du Conseil d’administration qui, en échange, sont informés.
Autres tarifs :
Location des salles : une augmentation moyenne de 1,29 % des tarifs est envisagée.
Cartes de photocopie, jetons de machine à laver et de séchoir : pas d’augmentation prévue.
Prestations exceptionnelles de restauration et de réception : pas d’augmentation prévue.
Corrections sujets de concours : harmonisation des tarifs qui entraîne globalement une baisse des tarifs.
Vincent Simonet constate une baisse dans l’arrondi des jetons de séchoirs ( 1,20 francs au lieu de 1,30 francs). L’erreur sera corrigée.
v – Contrat quadriennal 2002-2005
Cette déclaration a reçu un accueil particulièrement positif de la part des membres du Conseil scientifique.
Gabriel Ruget propose, plutôt que de paraphraser le document, de laisser Pascale Briand et Francis Wolff présenter les point forts de la politique de la Direction.
Francis Wolff souhaite insister sur une réflexion nouvelle qui pourrait aboutir à la création de cursus propres à l’École, en particulier pour les formations littéraires ; les départements scientifiques ont déjà l’expérience des magistères. Les études littéraires sont conditionnées par l’obtention de l'agrégation, exigée par les Commissions de Spécialistes pour accéder à la maîtrise de conférences. Les élèves doivent pouvoir continuer à avoir le choix entre les découpages disciplinaires déterminés par les grandes disciplines de l’agrégation et de nouveaux découpages disciplinaires plus conformes aux différentes orientations de la recherche actuelle.
Il s’agirait de créer des mastères, appellation qui ne doit pas être prise au pied de la lettre. L’idée est de créer des formations spécifiques à l’École qui soient reconnues par un certificat ou des magistères d’un type nouveau assoupli, en hypothèse basse ou un diplôme en hypothèse haute. Cette possibilité d’études devrait être ouverte à des non normaliens, en particulier à des candidats admissibles au concours d’entrée, dans la mesure où l’École a une grande responsabilité dans l’avenir de la jeunesse issue des classes préparatoires. Il faudrait envisager une politique d’ouverture de l’École à un statut d’auditeur libre élargi.
L’introduction progressive de cursus spécifiques de formation n’inclurait pas les élèves de première année. Ces derniers doivent pouvoir être mieux conseillés qu’actuellement afin de diversifier leur formation et apprendre à connaître de nouvelles disciplines. Sinon, trop d’élèves choisissent un sujet de recherche trop proche de leur sujet de maîtrise. Il serait possible d’aller jusqu’à envisager un cursus propre à l’École en première année.
Pascale Briand poursuit sur les thèmes de l’ouverture, de la flexibilité et de la spécificité de l’École. Elle souhaite expliciter ce thème d’ouverture dans le domaine de la formation par la recherche qui doit offrir aux élèves des exemples d’activités de recherche, notamment dans les secteurs qui sont les plus mouvants, là où se déplace rapidement le front des connaissances. Il est important de favoriser les recherches pluridisciplinaires. Il y a trois exemples d’opérations qui répondent à la nécessité de développer des interfaces entre secteurs disciplinaires.
La première concerne les microsystèmes d’analyse intégrés qui regroupent des recherches relatives au développement de systèmes d’analyses miniaturisées intégrant par exemple des molécules biologiques ou des biomimétiques et mis au service de l’environnement, de la santé, de la recherche dans différents domaines. des compétences en chimie, en physique, en biologie y sont essentielles.
Ouverture disciplinaire mais aussi ouverture de l’espace de l’École puisque le projet concerne non seulement des laboratoires de l’École mais aussi d’autres laboratoires de la Montagne Sainte Geneviève.
Ouverture de nouvelles formations également, puisqu’à cette activité de recherche devrait correspondre une évolution des magistères favorisant les cursus mixtes.
Ouverture structurelle dans la mesure où, en chimie, la mise en place d’IFR est à l’ordre du jour après avoir été réalisée en biologie il y a quelques années. L’activité qui vient d’être décrite pourrait correspondre à une opération pilote soutenue par le Ministère. Ce projet correspondrait bien aux missions de l’ENS qui se doit d’être exemplaire et pilote dans les développements de la Recherche.
Un autre exemple avec la mise en place d’un axe transversal sur la thématique environnement/écologie, avec un renforcement de l’activité expérimentale en écologie autour de la station de Foljuif, avec des activités de recherche regroupant à la fois les géographes, les économistes, les laboratoires de géologie, de météorologie dynamique, en interaction avec des structures existantes, les différentes IFR qui interviennent dans le domaine de l’environnement, notamment l’IFR environnement et gestion de l’espace régional qui vient d’être créé ou l’IFR Pierre-Simon Laplace auquel participe déjà le laboratoire de météorologie dynamique. Il ne s’agit pas d’un département en tant que tel mais d’un axe transversal qui pourrait ensuite prendre la forme d’un département.
La création du département Sciences de la cognition déjà évoqué au précédent Conseil, a été présenté au Conseil scientifique et a reçu un avis très favorable de ce Conseil.
Après avoir évoqué trois organisations de départements ou axes transversaux dans les domaines de la recherche visant à ouvrir à l’interdisciplinarité, de formations qui sont associées avec la nécessité d’accroître la souplesse du contenu des magistères pour que la pluridisciplinarité puisse s’y exprimer, Pascale Briand souhaite évoquer l’ouverture vers la société avec des réflexions sur de nouveaux types d’enseignement et de nouveaux ateliers, autour des aspects réglementaires juridiques et éthiques.
Gabriel Ruget considère qu’en Lettres, il faut inventer un système suffisamment personnalisé qui corresponde à la cartographie d’une discipline telle qu’elle existe aujourd’hui. À ce moment là les sciences pourront s’inspirer des lettres pour assouplir leurs magistères.
Au niveau de l’international, Gabriel Ruget estime que l’École, plus qu’un lieu où l’on forme à la recherche ou à une formation pour la recherche, est un lieu où l’on donne une formation par la recherche qui inclut la prise en compte de la place de la recherche dans la société intellectuelle en général et la société économique.
Pour faire cette formation par la recherche, l’ingrédient essentiel est un réseau d’équipes de recherche qui veuillent bien accueillir des normaliens, c’est à dire des élèves en pré-doctoral dès leur deuxième année d’École. Il est essentiel de développer un réseau dans l’École, autour de l’École, parisien, national et international.
Pour que ces équipes de recherche comprennent ce que l’on attend d’elles dans l’encadrement des normaliens et soient motivées, il faut les associer par des coopérations et par des mouvements de chercheurs entre équipes.
Pour le développement international, l’École évolue sur trois points : Europe, Amérique du Sud et Chine. Ce que nous proposons au Brésil et en Chine, c’est un système local, immergé dans le milieu universitaire local et qui soit une pompe aspirante motivante et un dispositif qui stimule d’abord des échanges de thésards et un appui à ces échanges de thésards par des échanges de chercheurs et de coopérations de recherche. C’est la seule façon pour que le dispositif soit compris dans ces pays.
Un réseau d’équipes de recherche nationales ne s’improvise pas au dernier moment, il faut des interlocuteurs pour préparer le terrain sont indispensables. L’idée est de travailler sur quelques grandes villes universitaires où pourrait se développer un nombre suffisant d’équipes dans des domaines variés pour que des normaliens aient envie de s’y installer sans que soit abandonné l’aspect Collège pluridisciplinaire de l’École. Strasbourg, Aix-Marseille et Lille se prêtent particulièrement à ce genre d’expérience.
Il faut également créer une certaine fluidité dans le réseau d’équipes de recherche parisien. La situation des équipes hébergées à l’École ne doit pas être considérée comme une rente de situation. Un renouvellement est demandé au bout d’une dizaine d’années, dans le but d’augmenter le réseau des équipes de recherche. Il est obligatoire en mathématiques, en biologie des changements sont en cours, en physique et en TAO, de nombreux enseignants sont nommés au Collège de France.
Régis Grosperrin souhaiterait pouvoir lire une déclaration. Il lui semble que le projet de plan quadriennal, de par son ambition et parce qu’il touche à la définition même de ce qu’est l’École et sa mission, mérite avant de discuter précisément certains points, une discussion globale sur les nouvelles missions qui sont fixées à l’École dans ce plan quadriennal.
La déclaration de Régis Grosperrin est jointe au procès-verbal.
Gabriel Ruget, pour répondre aux inquiétudes de Régis Grosperrin souhaite lire le début de la page 2 de sa déclaration de politique générale : « nous ne donnerons dans cette courte introduction que les tendances dépassant le cadre des laboratoires ou modifiant le périmètre des départements. Ce qui concerne le cœur des laboratoires est bien entendu la source principale de l’excellence de l’École normale supérieure. A ce titre, moins déterminante que le CNRS, la tutelle exercée par l’ENS prend en revanche toute sa raison d’être pour définir une politique scientifique de l’Établissement qui, en jouant aux marges des entités constituantes en capitalise et démultiplie l’existence. »
L’introduction comporte douze pages mais le document complet aura plus de deux cents pages. Il n’a pas semblé utile de rédiger un résumé de la politique de chaque département. Ce document est transmis au Ministère qui le découpe en fonction de ses différentes directions. L’introduction est faite pour donner le delta général.
Gabriel Ruget n’a pas l’impression que l’École se précipite trop vite sur les effets de mode. Cela fait par exemple dix ans que l’École tourne autour de sciences cognitives. La direction SHS du CNRS demande que nous encouragions les élèves à poursuivre dans ce domaine. La création de ce nouveau département est un travail de longue haleine qui s’est appuyé sur les disciplines et a recherché la tutelle de nouvelles équipes de recherche. L’Institut Jean Nicod est un exemple de l’appui sur des disciplines puisqu’il va contribuer à la fois à l’élargissement du département de philosophie et aider à la création du département d’études cognitives.
Sur le système pour l’analyse chimique, c’est un « sujet mode » qui a quand même fait l’objet d’un rapport à l’Académie des Sciences. Ce projet s’appuie totalement sur le département de chimie, sur l’existant.
L’École ne souhaite pas devenir une autorité dans la société civile mais serait heureuse si une École d’éthique comparative, partie de l’ENS, faisait autorité.
Pour des personnes qui vont faire carrière dans la recherche, ce ne serait pas raisonnable de ne pas leur donner à percevoir ce qu’est la science vue par la société, par les gens qui financent et qui demandent des comptes. Ce ne serait pas acceptable pour des chercheurs qui vont être mis en position de responsabilité, d’orientation, de demande création de postes ou d’orientation de crédits. Le but est de faire participer de jeunes thésards à des exercices de réflexion sur les conséquences juridiques de nouvelles pratiques techniques ou le triangle technique/éthique/juridique.
Régis Grosperrin craint que l’introduction d’une double possibilité de formation pour les élèves aille à l’encontre d’une possibilité d’enrichissement et de renouvellement des disciplines académiques déjà existantes.
Louis Paulot est d’accord pour une plus grande souplesse dans les cursus de sciences et une ouverture dans les disciplines littéraires. Il est par contre surpris par le projet de création d’une banque d’épreuves commune entre l’ ENS et Sciences Politiques.
Francis Wolff explique que l’association des professeurs de lettres des classes préparatoires a proposé cette idée à la réflexion de plusieurs écoles. Il serait demandé à l’IEP de reconnaître des épreuves de l’ENS pour l’entrée à l’IEP.
Louis Paulot n’a pas l’impression d’une direction marquée pour le département d’études cognitives avec des objectifs scientifiques bien définis.
Gabriel Ruget considère que c’est un territoire dans lequel des élèves de l’ENS vont pouvoir se frayer leur propre voie. Les premières équipes associées donnent une première indication du côté de l’école littéraire. Il reste à concrétiser dans le domaine des neurosciences, soit par l’évolution de laboratoires ou en partenariat avec des équipes externes.
Louis Paulot est choqué par l’utilisation récurrente du terme « valorisation » dans le projet. Il considère que l’école doit se consacrer prioritairement à la recherche et l’enseignement.
François Cuzin considère que la recherche ne peut absolument pas se passer de la valorisation.
Vincent Simonet souhaite insister sur des aspects du projet :
- La communication sous toutes ses formes par la mise ne place, par exemple d’une commission communication à l’École par l’aide à la publication de travaux de recherche et la valorisation de la promotion des activités de l’École auprès de tous les publics.
- Il craint que les projets présentés par Francis Wolff ne fassent passer les formations littéraires devant les formations scientifiques alors qu’il faudrait également faire progresser les sciences. Actuellement un élève qui veut faire de la biochimie n’a pas d’autre alternative que de faire de la biologie en première année et de la chimie en deuxième année. La meilleure solution serait l’assouplissement du système d’enseignement et l’accroissement du rôle de la direction des études pour assurer une coordination au niveau global des enseignements.
- La gestion immobilière est un problème crucial à l’École, en particulier pour tout ce qui est lié à l’hébergement des élèves. Il est satisfait que le projet en fasse état.
François Cuzin clôt à regret la discussion sur ce sujet important pour l’avenir de l’École.
Faute de quorum, ces projets ne peuvent être approuvés par le Conseil d’administration, Gabriel Ruget rappelle que ces demandes d’association ont été examinées et approuvées par le conseil scientifique. Ces deux équipes sont déjà associées à l’EHESS.
Le programme présenté a été examiné et approuvé par le Comité d’hygiène et sécurité. Il fait état des actions entreprise et des projets à réaliser.
Six candidatures de très grandes qualité ont été reçues. Le choix après avis de la commission ad hoc s’est porté sur Laure Léveillé, actuellement directrice de la bibliothèque de Jourdan.
Création d’un DEA en musicologie avec le CNMDP, l’EHESS et l’EPHE. L’École contribuera sous la forme de professeurs invités et par la motivation d’équipes internationales de recherche.
Renouvellement d’un DEA de mathématiques.
Les propositions sont approuvées.
XI - Questions diverses
Gabriel Ruget évoque le déménagement de l’antenne graphique de l’ENS. L’antenne graphique est un instrument précieux mais une réflexion sur son devenir est nécessaire avec l’évolution de la technicité, l’apport du numérique. L’École a très peu de ressources au niveau des locaux et sa localisation dans des locaux précieux, au cœur de l’École mérite d’être réexaminée, même si toute évolution à la fois technique et spatiale suscite des émotions.
Le Président François Cuzin lève la séance.