Association Pollens - Séances des 29 octobre et 5 novembre 2003.

 

 

LA POLITIQUE FRANCAISE EN AFRIQUE :

FAUT-IL LÂCHER L’AFRIQUE ?

 

 

Introduction : qu’est-ce que l’Afrique ?

L’Afrique est un continent pluriel, divers, éclaté, aux héritages culturels et politiques différents en fonction des sous-ensembles régionaux (Critères ethniques, religieux, linguistiques). Il n’est pas possible de parler d’une cohérence africaine, tant au niveau continental, qu’au niveau régional. Que faut-il donc entendre par « Afrique » dans le cadre des relations « France- Afrique » ?

Paradoxalement, une définition, précise et juste, du terme Afrique surgit de l’imaginaire collectif français : par Afrique, il est entendu Afrique noire, ou plus précisément aujourd’hui Afrique trans-saharienne ou sub-tropicale.

Le Sahara est une frontière nord de l’Afrique (critères religieux, ethniques, climatiques). Les pays du littoral méditerranéen se pensent bien plus en « Europe », au sens du bassin méditerranéen ancien, qu’en Afrique, ou bien encore dans l’aire arabe par la continuité culturelle islamique.

Dans une seconde approximation, le champ peut encore être affiné par la mobilisation d’un critère historique. L’Afrique trans-saharienne se partage entre anglophonie et francophonie. Cette frontière linguistique délimite ce qui est pudiquement appelé des zones d’influence privilégiées, c'est-à-dire réseaux et clientèles.

En définitive, les relations France- Afrique sont les liens qui existent encore entre la France et ses anciennes colonies de l’Afrique occidentale et de l’Afrique équatoriale. La diplomatie française en Afrique est une diplomatie bilatérale, pragmatique, dont le principal objectif est d’assurer la stabilité politique intérieure de ses anciennes colonies pour préserver les intérêts nationaux.

Cependant, l’évolution des cadres théoriques d’appréhension des relations internationales a modifié la définition du champ « Afrique ». Son sens diplomatique est aujourd’hui bien plus large. La construction européenne, consacrant un rapprochement franco-anglais, a atténué la délimitation linguistique : les congrès France-Afrique sont ainsi ouvert aux pays anglophones. En outre la diffusion du terme générique de « sud » a unifié sur le critère du sous-développement ou du retard de développement l’Afrique trans-saharienne.

Les relations France- Afrique peuvent donc être analysées à un niveau différent, celui de l’aide au développement.

Autrement dit, l’Afrique est à la fois pour la France une zone sous influence et une zone à aider économiquement, ce qui explique, parfois, l’ambiguïté des rapports.

 

PLAN :

1.     Historique des relations France-Afrique

2.     La coopération française en Afrique : un aperçu

3.     Evaluation de la coopération franco-africaine

4.     Les perspectives d’avenir

Annexes : notes et documents

Dans l’optique d’un débat, les parties 3 et 4 doivent être lues prioritairement.

 

 

Dossier réalisé par Marianne Blanchard, Emmanuel Monnet et Matthieu Schlesinger.

 

 

 

 

 

I - Historique des relations France- Afrique

1.     La colonisation

La présence française en Afrique trans-saharienne est très ancienne au travers de comptoirs notamment. Des cahiers de doléance ont ainsi été envoyés par des habitants du Sénégal, qui avaient rang de citoyen français, lors de la révolution.

C’est dans les années 1880 que prend forme le projet colonial français, dans les milieux républicains et dans quelques milieux économiques. La colonisation n’est pas le produit d’un plan mais bien plus la conséquence du hasard et des circonstances, mêlant intérêts bien compris et universalisme des idéaux des Lumières.

L’idée coloniale ne devient populaire en France que pendant l’entre-deux-guerres. Elle est consacrée en cela par la grande exposition coloniale de 1931.

 

2.     La décolonisation

Le processus de décolonisation se met en place dès l’entre-deux-guerres, mais prend véritablement toute sa mesure au lendemain de la seconde guerre mondiale sous la triple influence des Etats-Unis, de l’Union soviétique.

La décolonisation est multiple et complexe. Elle a une chronologie et une géographie précise. La décolonisation française en Afrique trans-saharienne est progressive, organisée par la loi cadre Defferre de 1956, qui associe au gouverneur de la colonie les futurs dirigeants du pays. On peut considérer que dans les années 1960 les anciennes colonies de l’Empire français ont toutes accédé à l’indépendance.

Au total, l’essentiel a été préservé, en ce qui concerne la France, au moment de la décolonisation, avec l’Afrique trans-saharienne.

Il faut noter une date essentielle : la conférence d’Accra en décembre 1958 qui pose l’inaliénabilité des frontières africaines. Celles-ci, dans toutes leurs incohérences, ne sont plus révisables.

 

3.     La coopération

Le concept de coopération devient dès lors le nouveau cadre théorique d’appréhension des relations entre la France et ses anciennes colonies sous la république gaullienne. La coopération relève dans un premier temps du domaine réservé du président. Son conseiller spécial, le controversé Jacques Foccart, en est le responsable direct. C’est une politique de réseaux (dont le réseau franc-maçon) et de clientèles, à la discrétion du président. On l’a souvent comparé à une forme de néo-colonialisme. Elle est normalisée et rattachée au ministère des Affaires Etrangères.

La politique de réseau est le socle de la coopération. Elle se maintient encore aujourd’hui. Dans un ouvrage polémique de 1998 la Françafrique, François-Xavier Verschave définit le concept de « Françafrique » pour décrire cette politique fondée sur la corruption et les détournements de fonds. Ces réseaux existent encore et sont toujours utilisés, discrètement, comme relais avec les chefs d’Etat africains. Deux grands animateurs sont connus : Charles Pasqua, qui s’appuie sur les anciens réseaux gaullistes, et Jean-Christophe Mitterrand, réseaux socialistes, lui-même anciennement en charge, à l’Elysée, des relations avec les pays africains. Ces réseaux sont spécialisés dans les ventes d’armes.

 

4.     L’aide au développement

Les réflexions tiers-mondistes mettent au cœur des relations France- Afrique le problème du développement dans le cadre d’analyse, dérivé du marxisme, des rapports Nord-sud, fondés sur une exploitation par les puissances développées du nord, anciennes métropoles coloniales, des richesses du sud. Emerge l’idée d’un devoir de développement à la charge des pays du Nord responsable du sous-développement des pays du sud en raison de l’exploitation coloniale, théorisé sous le concept de colonialisme.

Les débats qui existent sur ce sujet ne nous ont pas semblé devoir apparaître dans ce dossier, à plusieurs titres : les bilans qui doivent être tirés de la période coloniale sont complexes et nuancés, ils appartiennent en outre au champ d’étude de l’historien. Il risque dans le cadre de ce sujet de venir parasiter l’analyse par l’introduction de présupposés idéologiques. En outre il nous a semblé que poser en préalable à toute réflexion sur l’actualité diplomatique une culpabilité morale de la France en raison de la période coloniale était une erreur d’analyse : cela ne permet en aucun cas de comprendre l’état actuel des relations France- Afrique et cela hypothèque de surcroît la possibilité de penser une politique pragmatique et réaliste. Cela ne signifie pas pour autant qu’un devoir moral (qui reste à définir) ne puisse pas être invoqué pour infléchir dans un deuxième temps les relations concrètes entre la France et l’Afrique.

La présidence de Giscard d’Estaing utilise ce cadre d’analyse, la France entend jouer le rôle de médiateur entre les pays du Nord et ceux du Sud. Cela donne naissance entre autres, à l’échelle européenne, à la série des accords de Lomé, qui facilitent, pour certains biens produits par des pays africains, l’accès au marché européen. Une telle politique n’exclut pas le maintien d’une politique pragmatique de soutien effectif à la stabilité politique intérieure.

Dans les années soixante-dix, le FMI participe également à l’aide au développement. Celui-ci accordait des prêts à des taux très favorables pour les pays en développement (taux d’intérêt réel négatif en raison de la forte inflation). Cette politique s’est retournée contre les pays en voie de développement dans les années quatre-vingt en raison des politiques monétaristes anti-inflations qui ont fait exploser les taux d’intérêt réel, et la charge de la dette.

L’aide au développement, dans le cadre des politiques de coopération, reste aujourd’hui l’objectif principal de la politique française en direction de l’Afrique. Elle s’inscrit dans la ligne des programmes définis par l’ONU, et notamment du Nepad (le nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique).

Position officielle de la France rappelée par Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, dans une réponse au parlement à une question au gouvernement.[1]

 

La nécessité d’une francophonie forte a été réaffirmée lors du congrès de Beyrouth en octobre 2002.

Cette OIF est un cadre supplémentaire qui n’a pas vocation à devenir le cadre principal des relations France- Afrique. La Francophonie est plus un conservatoire culturel animé par des Québécois qu’un vrai instrument d’influence visant à concurrencer, sur le plan culturel, par des projets de terrain, la diffusion du modèle culturel américain.

 


 

 

II - La coopération francaise en afrique : apercu

1. Les aspects traditionnels de la coopération politique et militaire

·        Soutien adapté à l’évolution démocratique des Etats / respect de l’Etat de droit,

·        Accompagnement des exportations de matériels de défense.

·        Aider / former les armées locales à s’organiser et agir de façon démocratique.

·        Garantir les intérêts économiques français / favoriser le développement suite à ces actions (installations et infrastructures),

·        Garantir les accords secrets économiques / achats vente etc. Mais aujourd’hui ces objectifs économiques sont réduits car les exportations françaises vers l’Afrique représentent 8 % des exportations nationales hors UE, 4 % des échanges de la France.

·        Culturels : consolider la francophonie, former un ensemble linguistique et politique fort, par opposition au bloc Commonwealth par exemple.

®    rétablissement de l’ordre si besoin est, police ou plus,

®    mettre fin à des conflits régionaux.

è    installation d’une dépendance matérielle, scientifique, politique,… car subordination due aux limites des financements africains.

è    Cette assistance se substitue parfois totalement à l’armée du pays (ex Tchad), mais les fonctions de commandement ne sont plus dirigées par les Français normalement.

La France s’applique pourtant à aider les processus de transitions démocratiques : elle intervient au niveau des recommandations, directes ou discrètes, met parfois en place des concours exceptionnels pour limiter les troubles et peut envoyer ses troupes.

Ces actions se sont d’ailleurs multipliées depuis l’arrivé au Ministère des Affaires étrangères de Dominique de Villepin. « L’Afrique semblait avoir disparu des priorités du Quai d’Orsay, (…) Dominique de Villepin a inversé la tendance » (Le Figaro, 11/06/2003).

 

2. Les évolutions politiques récentes

  1. Les années Mitterrand
  1. Les années 1990

 

 

  1. Actualités

Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, Abidjan est assaillie par des rebelles, anciens sous-officiers. Les forces loyales au président Laurent Gbagbo parviennent à contenir les assaillants mais ceux-ci s’emparent dans les jours suivent de la moitié nord du pays, établissant leur quartier général à Bouaké. Un an plus tard, nul ne sait avec certitude qui a financé et commandité la rébellion, même si le nom de Blaise Compaoré, le président burkinabé voire celui du Libyen Kadhafi ont circulé avec insistance.

La Côte d’Ivoire a échappé de justesse au bain de sang grâce à l’intervention des troupes françaises. Refusant de prendre parti à la grande fureur du président Gbagbo qui espérait faire jouer les accords de défense liant les deux pays, la France s’est interposée entre les belligérants figeant les positions. Au total, plus de 5000 hommes séparent les rebelles au Nord et les forces gouvernementales. Entre ces ennemis, une bande de territoire large de 60km et longue de 700km sur laquelle ni rebelles ni forces gouvernementales n’ont le droit de pénétrer, en vertu des accords de Marcoussis, signés en janvier 2003. Ces accords prévoient également des élections présidentielles pour 2005.

En mai 2003, la France a obtenu l’aval de l’ONU ; le conseil de sécurité à décidé la création de la Minuci (Mission des nations Unis en Côte d’Ivoire), chargée d’aider à l’application de l’accord de Marcoussis.

 

Accolé à l’Ouganda et au Rwanda, le district de l’Ituri a été le théâtre d’atroces massacres ces quatre dernières années. Les combats qui opposent près d’une dizaine d’ethnies ont fait près de 50 000 victimes.

L’augmentation des violences a poussé à la création de la force multinationale d’urgence Artémis. Cette force, mandatée par l’ONU, et déployée par l’ONU début juin, avec la France comme « nation cadre » était composée de 1850 hommes. Elle a passé le relais à une nouvelle mission des Nations Unis pour le Congo (MONUC) le 1er septembre.

En dépit de ces initiatives, la France se défend d’être le nouveau gendarme de l’Afrique. Paris insiste sur le caractère multilatéral de ces interventions.

 

3. Interventions économiques et sociales

De l’indépendance au début des années 1970, la France a exprimé la volonté d’exporter de manière autonome son modèle de développement en Afrique. Mais face aux difficultés économique et aux bouleversement des relations internationales dans les décennies qui suivirent, la France du aligner sa politique d’aide sur d’autres pays. Ceci est manifeste dans la « doctrine Balladur » de 1993 qui pousse la France à un alignement sur les autres bailleurs de fonds, le FMI en particulier.

De fait, la volonté de la France de garder en Afrique une position dominante se heurte souvent aux problèmes avec la Banque mondiale, aux lenteurs de l'UE…

 

Les outils de la coopération :

Aides à l'Afrique : terme général qui recouvre en fait 4 concours différents :

-         aides publique au développement (APD) : part des ressources publiques accordées par l'Etat sous forme de dons ou de prêts à conditions favorables pour aider le développement des pays. Aide bilatérale ou multilatérale,

-         aide des collectivités locales, "coopération décentralisée",

-         aide des ONG,

-        
concours privés : reposent sur des aides conclues au taux du marché soit par des opérateurs du secteur privé, soit par des organismes publics.

 

Pour bénéficier de l'aide publique, il faut être éligible. Le comité d'aide au développement (CAD) qui dépend de l'OCDE a fixé en 1961 la liste des pays susceptibles d'en bénéficier en fonction du PNB brut par habitants.

 

L'aide bilatérale est en théorie gérée à 50% par le ministère de l’économie, à 11,5% par le ministère de la coopération et par les DOM TOM à 10%. Mais dans les faits, c'est le ministère de la coopération qui joue le rôle le plus important.

 

Enfin il faut rappeler que désormais la France n’agit plus de manière autonome sur la scène africaine. Ainsi pour aider l’Angola, nation épuisée par 27 ans de guerre civile, la France a annoncé en juillet 2002 le déblocage d’une aide exceptionnelle de 9 millions d’euros. « Cela peut paraître faible, mais pour des efforts plus massifs, il faut que l’Angola établisse des liens avec les institutions financières internationales » a insisté Dominique de Villepin.

 

4. Francophonie et question scolaire

La Francophonie (500 millions de personnes) renvoie à une réalité linguistique et culturel (1880 le géographe français Onésisme Reclus (1837-1916) invente le terme « francophonie » pour définir l'ensemble des personnes et des pays utilisant le français à des titres divers), tout particulièrement importante en Afrique, dans la mesure où le français y est bien souvent langue officielle. On oppose parfois au Commonwealth britannique, solidement constitué, une francophonie inexistante.

La francophonie s’est d’abord constituée comme cadre de préservation d’un héritage culturel porté par la langue française. L’Organisation internationale de la Francophonie (51 Etats membres) fonctionne sur le modèle des Nations-Unies : une assemblée générale de pays membres, un secrétaire général (Abdou Diouf, ancien président du Sénégal) et des sommets réguliers (tous les deux ans).

Les missions de la Francophonie ont évolué en 1995 avec l’élaboration d’une charte : la charte de Cotonou. [3]

 


 

 

III - Evaluation de la coopération franco-africaine

1. Influence politique et militaire

Le discours de François Mitterrand à la Baule en 1990 s’inscrit dans cette optique : les pays qui s’engagent dans un processus démocratique seront encouragés, l’aide française intègrera des critères politiques et ne sera plus accordée sur la base des seuls critères économique et financiers. Rappelons qu’avant la Baule, les principes fondateurs de l’aide française étaient le respect des politiques choisies par les Etats, quelle que soit la forme du régime, afin de ne pas sanctionner les peuples et de conduire des actions sur le long terme.

Cependant, certains commentateurs dénoncent une forme d’hypocrisie dans l’action française, qui consisterait à « soutenir les dictateurs en dénonçant les dictatures » (E. Orsenna). Ainsi la France a-t-elle invité le président du Zimbabwe Robert Mugabe au XXIIe Sommet France Afrique alors que celui-ci était mis au ban de l’Union européenne en raison de la dérive autocratique de son régime. Le parquet a en outre classé sans suite une plainte pour torture déposée en février 2003 contre Mugabe par deux Zimbabwéens, estimant qu’un chef d’état dans l’exercice de ses fonctions ne pouvait être poursuivi.

 

2. Problèmes économiques et sociaux

} Sous quelle forme apporter l'aide ?

- les problèmes agricoles

Un exemple : le problème de la famine et de la malnutrition.

L'aide doit-elle toujours être apportée sous forme de marchandises (avec risque de pillage et de pourrissement) ou convertie en liquidités (avec les risques de dévoiement et de distribution sélective) ?

En outre se pose le problème du mode de coopération économique. L'économie de nombreux pays d'Afrique repose sur une seule production. En outre, la plupart des paysans ne produisent que pour leur autosubsistance, car il n'y a pas eu de création de marchés où une offre rencontrerait une demande solvable. Quand la production est excédentaire elle s'accumule, pourrit, ce qui entraîne une chute des prix. Quand elle diminue, les prix flambent, les paysans sont victimes de pillages… Le dilemme du mode de coopération avait été posé il y a un quart de siècle : fallait-il mettre ne place une synergie Nord-Sud ou au contraire privilégier la spécificité des économies pour éviter la concurrence ?

La première solution n'a pas été vraiment adoptée par crainte de la délocalisation et du néocolonialisme, la seconde a été récusée pour ne pas priver l'Afrique du bénéfice du développement industriel.

Le résultat a cumulé les 2 inconvénients : l'Afrique a aujourd'hui une agriculture qui ne suffit pas à répondre aux besoins des citadins, et une exportation qui n'a pas été suffisament dynamique pour s'imposer sur les marchés.

 

- problèmes sociaux. La question du Sida


L’Afrique est le continent le plus touché par le sida avec près de 30 millions de personnes contaminées (chiffre 2002). L’espérance de vie y est tombée à 47 ans alors que sans le sida elle serait de 62 ans.

 

 

Quel rôle joue la France dans l’aide sanitaire ?

En juillet 2003 s'est tenu le II Congrès international du Sida, en parallèle avec une réunion importante de soutien au Fonds mondial de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose. Crée officiellement en janvier 2002, ce Fonds mondial se trouve à un moment clé de sa courte existence. Va-t-il pouvoir répondre « au plus grand désastre sanitaire que la planète ait connu », selon l’expression de Nelson Mandela ? Ou restera-t-il une structure impuissante ? Tout dépend du budget, et donc des subventions. La France avait promis sous le gouvernement Jospin 150 millions d’euros sur trois ans. Lors du sommet du G8 à Evian en juin 2003, Jacques Chirac a annoncé le triplement chaque année de la dotation française. Paris se bat au sein de l’UE pour un versement de 150 millions d’euros par an. Cependant, les efforts sont jugés encore insuffisant et la question de la pérennisation des subventions censée être au cœur du IIe Congrès est loin d’être réglée.

 


 

 

IV - Les perspectives d’avenir

1. La politique du gouvernement actuel et de M. de Villepin

·        L’Afrique est considérée par le gouvernement comme une opportunité pour la France ; elle sert la politique étrangère du pays, défend sa puissance et ses intérêts dans de nombreux secteurs :

« L'Afrique est une chance pour la France. Elle élargit à la fois notre horizon et notre ambition sur la scène internationale. C'est vrai sur le plan diplomatique, c'est vrai sur le plan économique et c'est vrai sur le plan culturel.» (intervention de M. de Villepin devant l’Assemblée nationale, 18 juin 2003)

·        L’Afrique reste la cible principale des politiques étrangères de coopération de la France, puisque selon Villepin ce continent est appelé à absorber 60 % des crédits consacrés à ce domaine par la France. Afrique = partenaire principal de la France, invocation des raisons historiques ; des objectifs techniques également (maintenir la fonction d’expertise française, sinon menacée).

Afrique : « une terre d'amitié et de fidélité ».

·        Maintenir la paix : M. de Villepin (Assemblée nationale, 18 juin 2003) affirme la nécessité d’intervention en Afrique sous le poids de l’urgence et maintient ainsi la France dans son rôle de gendarme de l’Afrique,

·        Maintenir la stabilité politique des Etats et des institutions en place, stabilisation propice au développement économique ; M. de Villepin parle d’assurer la « légitimité » du pouvoir en place (mais de quelle légitimité s’agit-il ?). Des garanties sont apportées par le recours aux « urnes », le dénis de toute « impunité », la mise en avant des Droits de l’homme et des principes moraux… En réalité, peu de moyens sont consacrés à l’instauration concrète de dispositifs démocratiques ; la stratégie politique du gouvernement est tout à fait traditionnelle : maintien impératif des frontières en place, gage de cohérence dans la politique française depuis le découpage de l’Afrique lors de la décolonisation ; le règlement régional des problèmes étant une solution pour résoudre les difficultés liées au caractère discutable voire inadapté de ce découpage,

·        Mettre à profit les atouts africains (population jeune, dynamique, marché de consommation potentiel) pour le développement des initiatives capitalistes privées (en particulier françaises) ; la nécessité d’une « bonne gouvernance » politique s’impose également pour le développement des affaires,

·        Maintenir et développer les liens de la francophonie : pour assurer le développement des valeurs humanistes françaises, facteur de stabilité démocratique, et pour former une entité culturelle alternative à la culture anglo-saxonne, créer une « exception culturelle » significative au plan mondial. Il s’agit également de défendre « le primat du droit », « la légitimité du dialogue » (contexte de la guerre en Irak) à cadre d’un rapport de force avec le bloc USA ; il s’agit de faire entendre une « voix singulière » :

« Alors que la mondialisation interroge l'avenir, partout s'affirme le besoin d'échapper à la dictature de l'identique » (discours de M. de Villepin à l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, 13 juin 2003)

La francophonie fournit le dispositif propre à concilier développement et préservation d’une identité, un développement humain en quelque sorte :

« Si l'Afrique doit acquérir tous les savoir-faire qui conditionnent l'insertion dans l'économie mondiale, elle ne doit pas pour autant y perdre son âme ». (ibid.)

à il se maintient dans une analyse gaullienne des rapports de force mondiaux,

·        Orienter l’action en Afrique vers une intégration régionale des problèmes économiques, militaires, politiques (création d’entités politiques efficaces susceptibles de prendre en charge les problèmes de sécurité intérieur et d’échanges économiques) à volonté de soulager le fardeau français marqué par un bilatéralisme fort auparavant,

« Appui systématique aux médiations africaines » (ibid.)

Volonté d’une autonomisation / responsabilisation relative des Etats africains par le soutien ferme d’initiatives régionales du type NEPAD.

Approche multilatérale qui implique également le côté occidental : mobilisation de l’Europe et des institutions internationales pour s’engager auprès de la France dans le problème africain ; l’intégration des pays africains dans les négociations de l’OMC et la négociation de la réduction des dettes, dans laquelle la France joue un rôle prépondérant, tient sans doute de la volonté d’intégrer les pays africains dans le jeu mondial.

« Il n’y a aura pas de mondialisation réussie sans développement de l’Afrique » (Message adressé à la III° Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique, septembre 2003).

à aspect sans doute plus novateur de la politique du gouvernement,

·        Les caractéristiques du discours politique actuel :

Souligne l’héritage colonial et la spécificité des liens entre l’Afrique et la France, valorisant le passé, avec un usage fréquent de quelques problèmes fétiches (mercenariat à combattre, mettre fin aux enfants-soldats).

Cadre politique du gouvernement Raffarin : « Nous devons avoir l'ambition d'un nouvel ordre international fondé sur les trois principes complémentaires que sont la responsabilité collective, la légitimité et l'efficacité » (D. de Villepin).

Comprend quelques fondamentaux : sécurité – développement – stabilité – intégration régionale.

Le problème du développement apparaît souvent en fin de discours, peu étayé, peu de moyens (on note souvent le problème des épidémies et des déficits d’accès à l’eau potable). L’objectif est d’augmenter la contribution directe actuelle au seuil de 0,7 % du PIB consacré aux PED, objectif symbolique censé être atteint en 2012 (douteux dans le cadre d’une réduction parallèle des crédits à la coopération militaire par exemple). La conviction du gouvernement est que l’investissement privé est à même d’assurer le développement du continent :

« Auparavant tributaire de la seule consommation intérieure, ce développement repose désormais sur l'investissement. » (discours de M. de Villepin à l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, 13 juin 2003)

 

2. Quelques points à débattre

Les questions posées ici, les pistes de réponse suggérées, non nullement l’ambition d’être exhaustives ou définitives, mais visent plutôt à amorcer une réflexion polémique sur ce sujet.

·        Quels sont les intérêts réciproques des deux parties ?

à pour la France : dans une perspective humanitaire (éviter les catastrophes de tout ordre), objectif de puissance (vision gaullienne) et d’indépendance, matières premières à bon marché, un marché de consommation potentiel, un échange culturel, réguler les flux démographiques ; mais qu’en est-il du consentement des populations concernées ? Est-il possible d’envisager une coopération économique et diplomatique sans engagement d’envergure en matière de développement, de consolidation de la démocratie, de rapprochement culturel ?

à pour l’Afrique : transferts technologiques, financiers, développement économique, soutien politique et militaire,

·        Intervention décentralisée ou projet gouvernemental ?

à pour une décentralisation/ privatisation de la coopération africaine : efficacité du marché au niveau économique ; évite les compromissions des officiels français, des militaires et des mercenaires avec les dirigeants locaux ; évite les phénomènes de clientèles présidentielles acquises pour consolider les régimes en place, aspect opaque de la politique étrangère française (cf. période Foccart, cellule Afrique de l’Elysée) qui n’a jamais fait réellement l’objet d’un projet politique, ni d’un débat démocratique sérieux,

à pour le maintien d’une politique étatisée de la coopération : gage de l’efficacité (seul l’Etat est apte à mobiliser des moyens susceptibles d’appuyer des projets d’envergure),

à pour une européanisation des questions africaines : en quoi la France peut-elle utiliser le cadre européen pour agir en Afrique ? Possibilité d’ouverture au marché européen, mobilisation de moyens de coopération plus importants, possibilité d’envisager des échanges à une grande échelle.

·        Quel but principal pour la politique étrangère en Afrique ?

Objectif humanitaire, visant à défendre les droits de l’homme ; c’est l’inflexion que tente d’imprimer Mitterrand en 1990 à la Baule ; tournant qui peut être justifié par les situations souvent très dégradées au niveau politique en Afrique, la menace constante de la guerre et du despotisme, ainsi que les graves difficultés économiques. Mais cet objectif humanitaire satisfait-il aux objectifs d’une politique étrangère visant traditionnellement à protéger les intérêts de la France ? Dans quel cadre peut-on concilier ces deux exigences ?

Objectif sécuritaire : la politique étrangère française vise avant tout à assurer la « paix dans le monde et la sécurité pour notre pays » (Henri Froment-Meurice)[5] ; le respect scrupuleux d’exigences démocratiques ne pourrait conduire qu’à la rupture d’un grand nombre de liens diplomatiques et économiques. La sécurité africaine est-elle un enjeu pour la France ? Quel est le meilleur moyen de l’assurer ?

Objectif politique et culturel : faut-il favoriser l’installation de la démocratie en Afrique ? L’ingérence est-elle nécessaire, profitable, nuisible ? Quel type de partenariat culturel faut-il envisager ?

 

 

 


ANNEXES

 

Notes



[1] Intervention de M. de Villepin devant l’Assemblée nationale, 18 juin 2003) :

L'engagement de la France sur le continent africain repose sur une triple conviction.

D'abord, l'urgence des situations. Près de la moitié des Etats africains sont aujourd'hui en guerre. Ils conjuguent des menaces anciennes et des menaces nouvelles, ce qui crée bien sûr pour l'ensemble des régions de l'Afrique des menaces importantes. Il ne pourra y avoir de progrès durables en Afrique qui ne prennent en compte à la fois le développement, la démocratie et en même temps la paix.

L'Afrique dispose d'atouts importants et trop souvent passés sous silence. C'est un continent jeune, avec un potentiel économique considérable, avec une croissance forte et un patrimoine naturel immense.

L'Afrique est une chance pour la France. Elle élargit à la fois notre horizon et notre ambition sur la scène internationale. C'est vrai sur le plan diplomatique, c'est vrai sur le plan économique et c'est vrai sur le plan culturel.

Cet engagement repose sur une volonté de dialogue et sur des principes clairs. Tout d'abord, l'exigence de la légitimité concernant les conditions d'accession au pouvoir mais aussi concernant l'exercice du pouvoir en Afrique, c'est-à-dire le respect des Droits de l'Homme et le refus de toute impunité.

Le second principe : la défense de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de la stabilité régionale ainsi que l'appui aux médiations africaines qui sont une condition à la fois de l'efficacité et de la légitimité. La Côte d'Ivoire en fournit un très bon exemple avec l'appui donné à la France, à la CEDEAO, à l'Union africaine et au Conseil de sécurité des Nations unies.

Telle est la politique que nous menons sur l'ensemble des crises. Vous avez rappelé Madagascar, la Côte d'Ivoire ; vous avez rappelé aussi la Centrafrique ou le Congo. Cela se traduit à chaque fois de façon concrète en termes militaires lorsque c'est nécessaire, par un engagement politique fort et dans la durée visant à mobiliser la communauté internationale au service de la paix comme du développement.

Enfin, nous continuons à marquer notre volonté d'un engagement fort de l'aide publique au développement avec une priorité accordée à la volonté africaine des pays eux-mêmes dans le cadre du NEPAD.

Ainsi la France veut marquer à la fois sa volonté de fidélité, de solidarité ainsi que son ambition pour l'Afrique.

 

[2] Marie-Christine Kessler, La politique étrangère de la France, Presses de Sciences Po 1999, citée par S. Hoffman, la France dans le monde 1979-2000, in Politique étrangère, 2/2002

 

[3] Extrait de la charte de Cotonou :

ARTICLE 1 : OBJECTIFS

La Francophonie, consciente des liens que crée entre ses membres le partage de la langue française et souhaitant les utiliser au service de la paix, de la coopération et du développement, a pour objectifs d'aider à l'instauration et au développement de la démocratie, à la prévention des conflits et au soutien à l'État de droit et aux droits de l'homme ; à l'intensification du dialogue des cultures et des civilisations ; au rapprochement des peuples par leur connaissance mutuelle ; au renforcement de leur solidarité par des actions de coopération multilatérale en vue de favoriser l'essor de leurs économies.

 

La Francophonie respecte la souveraineté des États, leurs langues et leurs cultures. Elle observe la plus stricte neutralité dans les questions de politique intérieure.

 

Les institutions de la présente Charte concourent, pour ce qui les concerne, à la réalisation de ces objectifs et au respect de ces principes.

 

L'Agence de coopération culturelle et technique, créée par la Convention de Niamey du 20 mars 1970, est l'Agence de la Francophonie.

 

Sa Charte, telle qu'amendée ci-dessous, constitue le support juridique des instances et organes de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français en partage. Elle est la Charte de la Francophonie.

 

[4] Clôture du colloque Essec « Afrique SA », allocution du ministre délégué à la coopération et à la francohponie, P.A Wiltzer, 2/10/03

[5] Une politique étrangère pour quoi faire ? Article de Henri Froment-Meurice, ambassadeur de France, in Politique étrangère, 2/2002

 

Documents

 

LES MOTS-CLES DE LA COOPERATION

 

Cette liste rappelle quelques sigles et notions-clés souvent entendues à propos de la coopération

(Les mots marqués d'un astérisque (*) se retrouvent ailleurs dans la liste)

  

 

ACP : pays de l'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ayant signé avec l'Union Européenne (UE), le 23 juin 2000, l'Accord de Cotonou instituant un partenariat pour le développement des pays ACP. Ce texte fait suite aux accords de Lomé, associant les pays ACP à la Communauté économique européenne depuis les années soixante. Le groupe ACP comprend actuellement 78 pays. Cuba a été admis dans le groupe fin 2000, mais n'a pas encore signé l'Accord (voir aussi FED*).

 

AEFE : AGENCE POUR L'ENSEIGNEMENT FRANÇAIS A L'ETRANGER. Institution publique de promotion de la langue française, dotée d'un budget de 337,8 millions d'euros pour 2003.

 

AID : ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT. Filiale de la Banque mondiale* qui accorde, depuis 1961, des crédits à long terme aux pays en développement les plus pauvres. Les crédits de l'AID (ou IDA, en anglais) ne portent pas d'intérêt et sont accordés pour des durées de trente-cinq à quarante ans avec dix années de grâce. En 2002, 81 pays ayant un revenu par habitant de moins de $ 875 étaient éligibles pour ces crédits, qui favorisent la croissance fondée sur des politiques saines, notamment pour le développement rural et le secteur privé, ainsi que le secteur social (éducation, santé, lutte anti-HIV/sida). L'AID soutient aussi l'amélioration des capacités et la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la protection de l'environnement et le développe-ment durable, la promotion du commerce et l'intégration régionale. Au cours de l'exercice 2002, l'AID a accordé des crédits pour un total de $ 8,1 milliards à 62 pays, dont près de la moitié consacrés à l'Afrique sub-saharienne.

 

AFD : AGENCE FRANCAISE DE DEVELOPPEMENT. Opérateur pivot de la politique française de coopération, l'AFD intervient dans plus de soixante pays (d'Afrique, du Pacifique, d'Asie, des Caraïbes, de l'océan Indien, de Méditerranée et d'Europe de l'Est) et dans les Dom-Tom. Institution publique, l'AFD finance par des prêts ou des subventions des projets et programmes visant à améliorer les conditions de vie des populations et à réduire la pauvreté. Elle contribue au développement des infrastructures et des entreprises, en favorisant l'emploi. Elle coopère avec les autres bailleurs de fonds (co-financements, etc.) et favorise les partenariats. Elle a deux filiales : Proparco*, Cefeb*.

 

AGMI (ou MIGA) : Agence de Garantie Multilatérale des Investissements. Filiale de la Banque mondiale, créée en 1988 pour promouvoir l'investissement directe étranger (IDE*) dans les pays en développement, elle offre des garanties contre les risques politiques aux investisseurs privés et aux prêteurs.

 

APD : AIDE PUBLIQUE AU DEVELOPPEMENT. Ensemble des dons et prêts concessionnels (à conditions privilégiées) accordés par les gouvernements des pays donateurs pour soutenir le développement économique et social des pays inscrits sur la liste des bénéficiaires établie par le CAD (Liste du CAD*). Il s'agit essentiellement des 49 pays les moins avancés (PMA) et de 24 autres pays à revenu faible dont le PNB par habitant ne dépassait pas $ 760 en 1998. L'APD comprend le financement de la coopération technique. Les prêts et crédits militaires en sont exclus.

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BAD : BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT. Banque fondée en août 1963 afin de mobiliser des ressources pour le développement économique et social du continent. Le siège est à Abidjan (Côte d'Ivoire). La BAD emprunte sur le marché des capitaux et prête à ses pays membres régionaux (PMR) à des conditions meilleures que celles des banques commerciales. Les pays industriels donateurs sont parmi les actionnaires. Filiale : FAD*

 

BANQUE MONDIALE : institution de crédit international, créée en 1945 et ayant à présent pour objectif de réduire la pauvreté et d'améliorer les conditions de vie dans le monde. Issue de la Conférence de Bretton Woods (1944), la Banque emprunte sur les marchés financiers pour prêter aux moins favorisés de ses 184 pays membres (actionnaires). Elle accorde annuellement quelque $ 20 milliards de prêts pour des projets de développement et des programmes de réforme. Elle joue aussi le rôle de conseiller en politique économique et de catalyseur pour des financements d'autres sources. Le Groupe de la Banque mondiale – dont le nom officiel est Banque internationale de reconstruction et de développement (BIRD) – coiffe plusieurs filiales, dont l'AID*, la SFI* et l'AGMI*.

 

BPM : BIENS PUBLICS MONDIAUX. Concept recouvrant des biens ou intérêts communs à tous les peuples, tels que le maintien de la paix, la préservation de l'environnement (eau, climat, biodiversité) ou la recherche médicale pour trouver des remèdes au HIV-sida et aux maladies tropicales. Les BPM sont des biens publics qui dépassent le cadre national, dont le monde a grand besoin mais qu'aucun pays n'aurait tendance à financer tout seul. La conférence de Monterrey* a évoqué des propositions visant à financer des stratégies BPM par des moyens alternatifs tels qu'une  éco-taxe , la taxe Tobin*, la taxation des exportations des armements ou un allocation de DTS*. Un groupe de travail a été établi afin de définir une liste de BPM et étudier des modalités possibles de financements.

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CAD : COMITE D'AIDE AU DEVELOPPEMENT. Comité établi en 1961 au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris. C'est l'une des premières enceintes de débat et d'élaboration de la stratégie des principaux donateurs concernant la coopération et le développement. Vingt-trois des trente membres de l'OCDE font partie du CAD. Ils ont fourni en 2000 une APD totale de $ 53,7 milliards, ou 0,22 % de leur revenu national brut (RNB*). Le CAD surveille les efforts de coopération de ses membres par un processus d'examen  par les pairs . Il publie des statistiques sur l'aide et les apports d'autres ressources aux PED* et aux pays en transition.

 

CSLP : Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté. Document élaboré par les gouvernements en consultation avec la société civile et les partenaires sociaux y compris le secteur privé. Le CSLP et sa mise en œuvre conditionnent désormais l'aide des IFI*.

 

C2D ou CDD : CONTRATS DE DESENDETTEMENT-DEVELOPPEMENT. Procédure contractuelle de lutte contre la pauvreté gérée par l'AFD* et liée à l'annulation des dettes nées de l'APD* française. Le pays débiteur paie ses échéances et un montant équivalent est reversé sur un compte de sa banque centrale pour financer des programmes de lutte contre la pauvreté et de développement durable, décidés en consultation avec la société civile. Des C2D ont été conclus avec le Mozambique, l'Ouganda et le Cameroun.

 

CEFEB : Centre d'études financières, économiques et bancaires. Filiale de l'AFD* qui assure une formation technique de haut niveau pour les cadres des pays en développement et de l'outremer français. Créée à la fin des années soixante par la Caisse centrale de coopération économique (rebaptisée Caisse française de développement et ensuite AFD.)

 

CICID : Comité Interministériel de la Coopération Internationale et du Développement. Instance qui définit les orientations de la politique de coopération française.

 

CLUB DE PARIS : enceinte informelle de consultation des créanciers publics qui coordonne leur attitude vis-à-vis des pays endettés. Le Trésor français assure le secrétariat et accueille ses réunions. Le Club de Paris  traite  la dette par rééchelonnement, par refinancement ou par réduction de la dette ou du service de la dette. Le passage devant le Club de Paris est obligatoire pour les PPTE* qui souhaitent bénéficier du mécanisme de réduction de la dette géré par le FMI et la Banque mondiale.

 

 CONCESSIONNEL : terme utilisé pour l'aide accordée à des conditions privilégiées, comme par exemple les taux d'intérêt en-deçà des taux du marché.

 

COOPERATION DECENTRALISEE : Coopération entre collectivités locales des pays donateurs et des PED*, facilitée par la décentralisation en cours dans plusieurs pays d'Afrique. La France encourage à présent ce type de coopération notamment par une simplification des procédures de cofinancement. Ces initiatives impliquent la participation de tous les acteurs à l'échelle d'une ville ou d'un village – élus, collectivités territoriales, responsables d'entreprises et réseaux associatifs.

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DEVELOPPEMENT DURABLE : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs, selon la définition de la Commission mondiale de l'Onu pour l'environnement et le développement. Ce concept, débattu au sommet de Johannesburg*, recouvre l'idée de viabilité économique, sociale et environnementale.

 

DGCID : DIRECTION GENERALE DE LA COOPERATION ET DU DEVELOPPEMENT. Direction spécialisée du ministère des Affaires étrangères dont le nom illustre les fonctions.

 

DTS : DROITS DE TIRAGE SPECIAUX. Unité monétaire créée par le FMI.

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EUROPAID : service unique, créé en 2001, chargé de mettre en œuvre l'ensemble des instruments d'aide extérieure de la Commission européenne.

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FED : FONDS EUROPEEN DE DEVELOPPEMENT. Fonds alimenté par les contributions des pays membres de l'UE et géré par la Commission européenne. Ce fonds finance des programmes de développement élaborés conjointement avec les pays ACP. L'Accord de Cotonou a doté le 9è FED d'un montant total de 13,8 milliards d'euros pour la période 2000-2005. En 2001-2002 la France a contribué pour 24,3 % de la dotation totale du FED.

 

FFEM : FONDS FRANÇAIS POUR L'ENVIRONNEMENT MONDIAL. Créé en 1994, ce fonds a engagé 115 millions d'euros en faveur de projets transfrontaliers (biodiversité, effet de serre et couche d'ozone, pollution des eaux internationales).

 

FMI : FONDS MONETAIRE INTER-NATIONAL. Institution internationale, fondée à Bretton Woods en 1944, pour promouvoir la coopération monétaire, faciliter les échanges mondiaux en encourageant la stabilité des monnaies et en facilitant les règlements entre ses membres, au nombre de 184. Le FMI a un rôle de surveillance des monnaies et des politiques économiques et financières. Il assure des concours financiers aux membres frappés de difficultés de balance de paiement, en prescrivant des politiques de redressement et des réformes économiques. Il constitue une  coopérative  à laquelle chaque pays contribue en fonction de sa richesse ; les quotes-parts déterminent le nombre de voix de chaque membre. Considéré comme le gardien de l'orthodoxie financière, le FMI fait campagne pour la transparence et la gestion responsable des affaires publiques.

 

FSP : FONDS DE SOLIDARITE PRIORITAIRE. Fonds français géré par le ministère des Affaires étrangères qui finance notamment des projets de santé à l'échelon national ou régional.

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G7 : GROUPE DES SEPT. Mécanisme de consultation politique et économique qui réunit chaque année au sommet les dirigeants des principaux pays industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) et, deux à trois fois par an, leurs ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales. G8 : le G7 plus la Russie. Les réunions de G7/G8 se préoccupent régulièrement des problèmes des pays pauvres.

 

G24 : GROUPE DES VINGT-QUATRE. Comité issu du G77 pour élaborer une plate-forme commune des PED* sur la réforme monétaire internationale, et qui sert d'enceinte de consultation entre pays africains, asiatiques et latino-américains avant les réunions du FMI et de la Banque mondiale.

 

G77 : GROUPE DES SOIXANTE-DIX-SEPT : Enceinte de consultation entre pays en développement sur les problèmes Nord-Sud, créée en 1964 à Genève par 77 PED* à l'occasion de la première Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Le G77, porte-parole des reven-dications des pays du Tiers-Monde dans le dialogue Nord-Sud, a pratiquement doublé le nombre de ses membres depuis cette date.

 

GOUVERNANCE : le concept de bonne gouvernance est employé dans le contexte du développement depuis le début des années quatre-vingt-dix. Il recouvre la nécessité d'améliorer la gestion publique à tous les niveaux, de rendre compte des dépenses des ressources publiques devant les élus ou des instances de contrôle (Cours des comptes, etc.), de favoriser l'Etat de droit (lois et règles stables et claires, système judiciaire compétent et honnête), et d'assurer la transparence dans les décisions et l'emploi des ressources tout en combattant la corruption. La notion de bonne gouvernance s'applique désormais aussi aux entreprises et au monde des affaires.

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HCCI : Haut Conseil de la Coopération Internationale. Instance de consultation qui représente la société civile française auprès du Premier ministre, et lui soumet des avis sur la politique française de coopération.

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 JOHANNESBURG  : Sommet Mondial sur le Développement Durable. Organisé par l'Onu en septembre 2002 à Johannesburg, en Afrique du Sud.

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LISTE DU CAD : Liste élaborée par le CAD de pays et territoires en développement qui sont éligibles pour l'APD (Partie I) et de pays et territoires en transition qui peuvent recevoir d'autres formes d'aide publique non concessionelle (Partie II). Outre les PMA et les autres pays à faible revenu, la Partie I comprend les pays et territoires à revenu intermédiaire de la tranche inférieure – PNB par habitant de $ 761à $ 3030 en 1998 (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Maroc, Namibie notamment) – et de la tranche supérieure – PNB par habitant de $ 3031 à $ 9360 en 1998 (Botswana, Gabon, Maurice, Mayotte notamment). Malte et la Slovénie, ayant dépassé la limite de $ 9360 en 1998, sont passés début 2003 en Partie II, qui comprend les pays de l'Europe centrale et orientale et les nouveaux Etats indépendants ainsi que les pays et territoires plus avancés (Bahamas, Chypre, Israël, Koweït, Libye notamment).

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 MONTERREY  : Sommet de l'ONU sur le financement du dévelop-pement organisé en mars 2002 à Monterrey, Mexique. Le Consensus de Monterrey préconise le partenariat entre pays riches et pays pauvres à la place des relations d'assistance.

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ODM : LES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DU MILLENAIRE. Adoptés par le Sommet du Millénaire de l'Onu à New York en septembre 2000, les ODM visent à réduire de moitié l'extrême pauvreté dans le monde d'ici à 2015, à assurer l'éducation pour tous, à améliorer l'accès aux services de santé et à protéger l'environnement.

 

OMC : ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE. Institution dont le siège est à Genève, qui a succédé en 1995 à l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) en tant que gardien du libre-échange. L'OMC sert de cadre des négociations commerciales multilatérales et arbitre les différends commerciaux entre ses pays membres.

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PED : Pays en développement.

 

PPTE : PAYS PAUVRES TRES ENDETTES. L'initiative en faveur des PPTE, lancée au Sommet du G7 à Lyon en 1996, vise à ramener la dette de 41 pays à faible revenu surendettés à un niveau supportable, par un effort commun de réduction du stock et du service de la dette concédé par tous les créanciers – privés, publics et multilatéraux. Cet effort est géré conjointement par la Banque mondiale et le FMI, qui incitent les pays concernés à élaborer des CSLP*. Les ressources ainsi dégagées doivent en principe financer des projets sociaux (santé et éducation) contribuant à réduire la pauvreté.

 

PROPARCO : filiale de l'AFD* spécialisée dans le financement et la promotion du secteur privé. Proparco peut intervenir en faveur des entreprises avec des prêts ou des participations directes, ou par le biais de structures financières de proximité.

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SECURITE ALIMENTAIRE : Trois sur quatre personnes sous-alimentées dans le monde sont de petits agriculteurs, soumis à la concurrence des multinationales et ainsi contraints de vendre leurs produits à bas prix. Pour parer à cette inégalité, plusieurs pays et ONG proposent une régulation des échanges conditionnée par la  souveraineté alimentaire , principe qui doit garantir à un pays le droit de choisir son mode d'alimentation, et ainsi son système de production et de consommation

– contrairement aux règles de la libéralisation de l'OMC*.

 

SANTE : Les maladies infectieuses sont la principale cause de mortalité dans le monde. Parmi les raisons, l'inégalité d'accès à l'eau potable, aux conditions sanitaires et aux soins et médicaments. Pour ces derniers, l'OMC a reconnu à Doha (novembre 2001) la priorité de la santé publique sur les intérêts commerciaux des industries pharmaceutiques. Cette question est toujours en négociation.

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ZSP : ZONE DE SOLIDARITE PRIORITAIRE. Les 54 pays bénéficiant de l'aide française selon une liste fixée en 1999 et revue en 2002.

Afrique du Nord : Algérie, Maroc, Tunisie.

Afrique sub-saharienne et Océan Indien : Afrique du Sud, Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, République centrafricaine, Comores, Congo-Brazzaville, Rép. démocratique du Congo, Côte d'Ivoire, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Gabon, Ghana, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Guinée équatoriale, Kenya, Liberia, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Zimbabwe.

Moyen-Orient : Liban, Territoires autonomes palestiniens, Yémen.

Caraïbes : Cuba, Haïti, République dominicaine, Surinam.

Asie : Cambodge, Laos, Vietnam.

Pacifique : Vanuatu.

 

 

Le sommet à Paris d'une France-Afrique en crise

La crise ivoirienne, un condensé des caractéristiques de tout un continent

ARTICLE PARU DANS Le Monde DU 20.02.03

Le nouveau paradigme de l'Etat africain : légitimité contestée, irruption du religieux, modernité des contentieux et archaïsme des modes politiques

DEPUIS cinq mois, parmi tous les conflits en cours en Afrique, celui en Côte d'Ivoire exerce un droit de préemption sur l'attention de la France mais, aussi, du reste du monde, notamment dans le cadre des Nations unies. Non seulement parce que la Côte d'Ivoire est le pays-phare de l'Afrique de l'Ouest, clé de voûte de la stabilité régionale, mais également parce que, tout comme les autorités françaises, la communauté internationale se rend à l'évidence que cette crise recèle le condensé des problèmes du continent. Dans le laboratoire ivoirien s'inventera le nouveau paradigme de l'Etat africain en ce début du XXIe siècle. Il y aura eu l'eupho-rie des indépendances « cha-cha-cha », l'époque des régimes prétoriens ou des partis uniques, le printemps de la démocratisation après la chute du mur de Berlin, puis l'automne des restaurations autoritaires. Quelle que soit l'issue de la crise ivoirienne, voici les traits marquants du nouveau « modèle ».

La légitimité du pouvoir est au coeur du conflit. La contestation ne porte plus seulement sur l'accession au pouvoir (à la faveur d'un coup d'Etat ou, pléonasme inventé en Afrique, « démocratiquement élu » ), mais aussi sur l'exercice légitime du pouvoir une fois conquis. Si, selon sa propre expression, les « conditions calamiteuses » de son arrivée au pouvoir en octobre 2000, à la suite d'un soulèvement populaire et de combats factionnels dans les rues d'Abidjan, ont rendu la tâche difficile à Laurent Gbagbo, celui-ci aurait pu expier ce péché originel par une « bonne gouvernance ». Mais en surfant sur une démagogie xénophobe et, surtout, en confiant le salut de son régime à des milices « patriotiques », voire à des escadrons de la mort, le président ivoirien a sapé sa légitimité - tout comme le Centrafricain Ange-Félix Patassé ou le Zimbabwéen Robert Mugabe.

Second trait : la modernité des problèmes coexiste avec l'archaïsme des modes opératoires en politique. Là encore, la Côte d'Ivoire est emblématique. Face à des problèmes de citoyenneté, d'immigration et d'accès à la terre, qui se posent de la même façon en Afrique du Sud, au Congo-Kinshasa, au Gabon ou dans l'Afrique des Grands Lacs, les réponses politiques se résument au groto (« bonze ») du pouvoir, engoncé dans son trois-pièces amidonné d'arrogance, ou au rebelle badigeonné de kaolin, brandissant son AK-47 comme ultime outil de production. L'un comme l'autre sont incapables d'apporter une réponse viable aux soucis du plus grand nombre. Aussi la population est-elle perçue comme « bétail électoral » ou comme une garenne de civils à prendre en otage.

Mondialisation du droit

Dans ce contexte, la résurgence du religieux dans le champ politique, auparavant plus autonome, est une autre caractéristique. En Côte d'Ivoire, la présidence « pasteurisée » - hantée par des prédicateurs d'un messianisme pentecôtiste - s'oppose tant à l'islamisation du Nord qu'aux mythes rédempteurs entretenus par la rébellion. L'évanescence des idéologies politiques occidentales et la déréliction d'une grande partie de l'Afrique expliquent le refuge massif, à l'échelle du continent, dans l'extralucide. S'y ajoutent la corruption, le désordre et la criminalité, contre lesquels l'« ordre moral » des évangélistes tout comme la charia des islamistes sont épousés avec la force du désespoir.

La régionalisation des conflits et l'internationalisation de leur gestion sont les traits les plus visibles des nouvelles crises africaines. En Côte d'Ivoire, pourtant longtemps la pièce maîtresse du « dispositif » français en Afrique, le tête-à-tête entre l'ex- colonie et l'ancienne métropole a volé en éclats. Côté ivoirien, l'insertion régionale très poussée a d'emblée impliqué les pays voisins, notamment ceux qui sont les réservoirs traditionnels de main-d'oeuvre pour les plantations ivoiriennes de café et de cacao. L'existence d'une organisation régionale, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), a contribué à ce « recadrage », même si les efforts de médiation n'ont pas été couronnés de succès.

Cependant, même en ramenant à Paris les négociations interivoiriennes, le gouvernement français a pris soin d'inscrire son action dans le sillon ouvert par la Cedeao. Réunis à Paris, ce sont les chefs d'Etat africains de la région, les bailleurs de fonds et les Nations unies qui ont avalisé l'accord de paix conclu. Enfin, renversement copernicien par rapport à l'ancien interventionnisme de Paris, l'ONU a été sollicitée pour conférer un mandat pour l'imposition de la paix aux troupes françaises et ouest-africaines.

Le respect des normes internationales dans le domaine militaire n'est qu'un aspect de la mondialisation du droit, qui inclut désormais aussi l'Afrique.

Sur le plan pénal, la « judiciarisation » de la sphère internationale expose et les chefs d'Etat au pouvoir et les rebelles qui les combattent au risque de poursuites pour les crimes qu'ils ont commis. C'est vrai en Côte d'Ivoire comme ailleurs : le président centrafricain, son connétable Abdoulaye Miskine, et l'un de ses alliés, le chef rebelle congolais Jean-Pierre Bemba, auront le triste privilège d'essuyer les plâtres de la Cour pénale internationale (CPI).

C'est un signe des temps qui changent. Dans l'ancien monde, qu'on qualifiera peut-être un jour d'« avant la crise ivoirienne », l'Afrique aurait été le dernier continent à répondre de ses crimes.

Stephen Smith

 

 

Support bibliographique et documentaire :

·          André Dumoulin, La France militaire et l’Afrique, éditions Complexes, Bruxelles 1997

·          J.P Gourévitch, L'Afrique, le fric, la France : l'aide, la dette, l'immigration, l'avenir : vérités et mensonges, le Pré au clerc, Paris 1997

·          http://www.diplomatie.gouv.fr/actu/actu.asp?DOS=2733 : dossier documentaire du ministère des Affaires étrangères sur l’Afrique, textes de référence sur la politique actuelle,

·          http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/071091.pdf : article  issu de la revue Politique africaine proposant une synthèse très claire sur l’évolution des orientations françaises à la fin des années 1990.

 

 

 

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