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« Entre l'être vivant et son milieu, le rapport
s'établit comme un
débat.
»
« Je suis handicapé. Démarche chaloupée, voix hésitante ; jusque dans
mes
gestes les plus infimes, mouvements abrupts de chef-d'orchestre drôle et
sans rythme : voilà le portrait de l'infirme. Dans cette quête,
l'expérience de la marginalité peut ouvrir une singulière porte sur notre
condition. Partir à la rencontre du faible pour forger un état d'esprit
capable d'assumer la totalité de l'existence, telle est l'intuition
fondamentale et hasardeuse de ce périple. »
« Le vivant et le milieu ne sont pas normaux pris séparément, mais
c'est
leur relation qui les rend tels l'un et l'autre. Le milieu est normal
pour une forme vivante donnée dans la mesure où il lui
permet une telle
fécondité, et corrélativement, une telle variété de formes, que, le cas
échéant de modifications du milieu, la vie puisse trouver dans l'une et
l'autre de ces formes la solution au problème d'adaptation qu'elle est
brutalement sommée de résoudre. Un vivant est normal dans un milieu donn
pour autant qu'il est la solution morphologique et fonctionnelle trouvée
par la vie pour répondre à toutes les exigences du milieu. Relativement
à
toutes autres formes dont il s'écarte, ce vivant est normal, même s'il
est
relativement rare, du fait qu'il est, par rapport à elle, normatif,
c'est-à-dire qu'il la dévalorise avant de l'éliminer. »