Tribune : pourquoi je voterai « OUI » au référendum sur le plan logement 2018.

Note : cette tribune est personnelle, et n’engage ni la DG, ni les autres personnes ayant participé à la médiation avec la direction de l’école.

TL;DR : l’accord négocié avec la direction de l’école pour mettre fin à la crise prolongée sur la question du logement et, en particulier, la suppression de 25 chambres dans les couloirs dits jaune et vert, sera soumis au référendum entre les 8 et 11 décembre 2017 pour ratification. Cet accord, s’il implique pour les élèves de renoncer à deux couloirs de chambres au 45, rue d’Ulm, n’en est pas moins équilibré : des compensations sérieuses sont proposées par la direction de l’école, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif. Nous n’avons aucun intérêt à nous y opposer, sauf à vouloir nous réengager dans une confrontation directe dont ni les élèves et étudiants, ni l’école n’ont rien à gagner.


Le texte de l’accord qui nous est soumis à référendum ce weekend peut sembler, au premier abord, décevant pour certains. Abandonner les revendications sur les couloirs jaune et vert, alors que nous tenons tête depuis mai 2016, et que certains normaliens sont allés jusqu’à se faire arrêter après avoir tenté d’empêcher les travaux visant à supprimer ces chambres, est-ce bien raisonnable ? À mes yeux, oui : les conditions sont réunies pour que nous cédions sur les couloir jaune et vert.

Dans ma profession de foi, je m’étais engagé à porter la voix des élèves et étudiants pour que le nombre de thurnes et leur qualité soient revus à la hausse, et à ne quitter la table des négociations avec la direction que lorsque de véritables compensations nous seraient proposées. L’accord remplit ces deux critères.

Le nombre de 800 personnes à loger figure explicitement dans le texte : cela signifie que la perte du Carré sera compensée, potentiellement dans le Quartier latin si la réunion au mobilier national est concluante ! Surtout, le lancement de plusieurs opérations de rénovation permettra un gain de qualité très important. La réfection de l’isolation de Montrouge, en particulier, dont le budget se compte en millions d’euros, concernera deux cent chambres, et augmentera énormément l’attractivité de ce site. La création de cuisines supplémentaires à Ulm ou la rénovation du couloir Saumon (avec installation de douches et toilettes dans les chambres) sont aussi des opérations importantes qui contribueront à augmenter la qualité de vie. La réalisation de ces opérations entraînera le déblocage d’un budget conséquent, sans augmentation de loyer pour l’immense majorité des thurnes.

À court terme, la mise à disposition des normaliens de plusieurs appartements (anciens appartements de fonction en annexe et à Montrouge) permettrait de diversifier les types d’hébergement proposés : contrairement aux thurnes basées sur une organisation en internat, ces appartements resteraient ouverts l’été et feraient l’objet d’un véritable bail. Ils pourraient accueillir des colocations de normaliens. Si cette organisation rencontrait un succès, d’autres appartements seraient créés en annexe, mais la majorité du parc d’habitation de l’école resterait organisé en chambres individuelles.

La création d’une « commission logement » est une opportunité exceptionnelle : en créant un espace de discussion en petit comité avec la direction et les représentants de l’administration, nous pourrions éviter de rencontrer des situations de blocage telles que celle dont nous sommes sur le point de sortir.

Quelles seraient les implications d’un vote négatif ? Il s’agirait, essentiellement, d’un retour au /statu quo ante bellum/ de septembre : les travaux au couloir jaune, actuellement suspendus, pourraient reprendre à tout moment, et nous n’avons rien à gagner d’une nouvelle confrontation directe. Certains pensent qu’à l’issue d’une nouvelle occupation de la zone de travaux, les projets de transformation des couloirs vert et jaune pourraient être abandonnées unilatéralement. Rien ne porte à croire que ce serait le cas, tant la direction a eu à cœur de défendre l’intérêt de ces projets au cours de la médiation. Surtout, dans une telle situation, il est absurde de croire que les autres opérations prévues dans l’accord seraient menées à bien. Un vote négatif, c’est une perte sèche très probable et, dans le meilleur des cas, une stagnation pour le prochain quinquennat.

Au contraire, ce texte d’accord nous permet d’obtenir des gains qualitatifs et quantitatifs élevés sur le parc d’habitation de l’école. Pour avoir été présent à chacune des réunions avec la direction à ce sujet depuis plus d’un an, je puis affirmer que la direction a fait preuve d’une bonne volonté évidente en proposant de compenser la perte de logements engendrés par l’inscription au schéma pluriannuel de stratégie immobilière de projets que nous avons pu discuter librement. Cela est d’autant plus notable que ces discussions ont été menées après que le ministère a apporté son soutien à la direction de l’école, en répondant aux arguments juridiques que nous avions soulevés. À nous, élèves et étudiants, de montrer la même bonne volonté.

Ce weekend, je voterai, en conscience, pour la ratification du protocole d’accord. Pour sortir la tête haute d’une confrontation durant depuis un an et demi, lassante pour l’ensemble de la communauté normalienne, épuisante pour deux générations de dégés et une d’élus au conseil d’administration, je vous appelle à faire de même.

Merci.

Valentin Melot, DMA 2015, dégé pour l’année 2017


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