Semaine 3

(23 septembre 2014)

En raison d’un débordement du week-end sur le lundi, la semaine 2 ne s’est achevée que hier soir. Cela aura été la semaine des excuses.

Je suis fatiguée, Je n’ai pas envie, Je n’y arrive pas, Je ferai ça ce soir, ou demain, etc. À la réunion de rentrée de début septembre, les professeurs avaient beaucoup parlé d’effets psychologiques. L’effet psychologique d’une dissertation de sept heures, l’effet psychologique de se rendre compte qu’on ne sait rien et que les sujets sont, en fait, tellement plus compliqués que ce que notre naïveté d’hypokhâgneux ne nous laissait percevoir, l’effet psychologique de lire telle oeuvre plus que telle autre. J’avais trouvé étrange qu’ils parlent tant de réactions qui ne pourraient qu’être idiosyncrasiques et intimes. Pourtant, à la suite d’une séance de trois heures de commentaire bibliographique et l’énoncé de la kyrielle des auteurs que je n’ai pas encore lus, j’ai été prise d’un découragement sournois, et des efforts pourtant simples me sont devenus insurmontables.

Je l’ai dit, cela a été la semaine des excuses. J’ai tout de même réussi à finir la section I du Capital, à avancer un peu sur Mill, à lire l’article passionnant de la SEP « Phenomenology » et à intégrer dans ma routine de travail une nouvelle méthode d’apprentissage (que j’exposerai plus en détail prochainement). En termes d’organisation, consacrer des blocs horaires plus longs et moins éparpillés à une même oeuvre m’a semblé bénéfique, surtout parce que cela aide à se concentrer plus profondément et à avoir le sentiment d’avancer vraiment dans la lecture.

Pour cette semaine, j’ai pour objectif de continuer à lire de façon concentrée mais, idéalement, de réussir à augmenter ma vitesse de lecture - pour lire plus, mais surtout pour y passer moins de temps par jour. Je suis aussi en train de réfléchir à des moyens de limiter ma procrastination, surtout le redoutable trou du déjeuner dont ma motivation a toutes les peines à se relever. Parmi les options que j’envisage, il y a bloquer l’accès à internet à mon ordinateur à certaines heures, essayer de me reposer mieux et aussi de sortir pratiquer un sport pour briser le sentiment de retraite forcée tout en haut de ma tour. J’ai aussi l’impression qu’il serait utile de prêter plus attention à mes rythmes internes : les matins sont les plus efficaces, puis vient la traversée du désert du milieu de journée, jusqu’à la deuxième moitié d’après-midi où je me sens de nouveau calme et disposée à l’étude. Alors peut-être : me lever plus tôt ? prévoir des activités en extérieur, comme le sport, en début d’après-midi ?

Concrètement, d’ici dimanche je veux : finir Les Lois, atteindre la page 100 de Mill, lire les chapitres IV, V, VI et VII du Capital, commencer la Critique de la Raison Pure, faire du sport (yoga !) et écrire deux articles ici : un décrivant la méthode du practice testing (d’ici là, j’aurai trouvé une traduction satisfaisante) et l’autre résumant l’article « Phenomenology » (et vantant les mérites de la SEP, bien sûr !)